Qui sommes-nous ?

"Les Enfants Adoptés De Roumanie" (L.E.A.D.R.) était une réunion de personnes bénévoles : nés en Roumanie et adoptés par des couples francophones, et des personnes sensibles aux questions de l'adoption internationale en Roumanie. De 2014 à 2015 LEADR a créé des espaces et des outils adressés aux adoptés d'origine roumaine pour faire entendre leur parole et pour contribuer à leurs recherches. Aujourd'hui le collectif a évolué en Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.), association loi 1901, créé en septembre 2015 : www.orphelinsderoumanie.org
Affichage des articles dont le libellé est Origines. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Origines. Afficher tous les articles

mercredi 23 septembre 2015

L'Enfant du Diable




Projection de « L’Enfant du Diable », 

lundi 21 septembre à la Société Civile des Auteurs Multimedia (Paris)




Respectivement : La réalisatrice et l'assistante de production
pour Kanari production. (© L. Giraud)



La soirée commence avec quelques mots émus de la part de la réalisatrice Ursula Wernly Fergui : elle voit pour la première fois sur grand écran ce projet qui a mis 5 ans pour aboutir. Elle se souvient de cette époque où parmi ses amis, certains allaient en Roumanie pour aider les orphelins. Elle découvre le travail photographique d’Elisabeth Blanchet sur ces orphelins sociaux des « maisons d’enfants » à l’époque de la dictature, et qui y est retournée 20 ans plus tard. Loin des images choc de Raymond Depardon prises à la demande de Children Action, ONG de Genève, Elisabeth Blanchet semble quant à elle, à travers ses clichés, rendre véritablement leur dignité à ces petites personnes qui, regard camera, toisent indirectement le spectateur. Elles veulent faire un film, mais ne parviennent pas à mettre en place ce projet.






U. Wernly Fergui., M. Le Roy Dagen et E. Blanchet (© E. Blanchet) 




C'est avec la rencontre de Marion, née en Roumanie et adoptée à 6 ans par un couple français, également touchée par le travail de la photographe que le projet verra enfin le jour. Les premières images du documentaire débutent sur le visage rose de son petit garçon, Pierre. On sait l’orpheline, on voit la jeune mère et sa question : comment peut-on abandonner un enfant ?



Image extraite de L'Enfant du Diable 


De là, on découvre le long cheminement de Marion pour découvrir son passé et les épreuves qu’elle rencontre lors du tournage. On comprend aussi que la réalité est bien plus complexe qu’elle ne l’avait imaginée.



 
Bande-annonce



Très beau documentaire, qui dévoile avec pudeur et dignité l’histoire d’un pays sous dictature communiste, où les enfants étaient au cœur d’une politique nataliste, mais aussi au centre d’intérêts privés malhonnêtes. 


Dans la salle, beaucoup d’émotion au cours de la projection. Les lumières reviennent et les questions sont timides, mais finalement la conclusion se fait autour de Marion : vous avez retrouvez votre mère et votre père, donc finalement tout est pour le mieux ? Oui, mais que faire aujourd’hui avec ça ? Marion, à qui on a volé 6 ans de sa vie et bien plus (elle ne retrouve sa mère qu’à 23 ans et son père à 38) se pose la question : Peut-on rattraper ces années ? Pour elle la réponse est non, maintenant il faut construire, malgré la distance, malgré la barrière de la langue, des relations nouvelles qui ne pourront jamais remplacer les liens d’attachement et d’amour qu’elle a construit avec ses parents « adoptifs ». 


M. Herlea, de la Maison de la Roumanie, dans son intervention tient à apporter une précision : au cours du documentaire, on évoque la culpabilité de Ceausescu, « L’enfant du diable », qui signe les actes d’adoption, mais il souligne que la situation politique générale et l’idéologie communiste n’en sont pas moins responsables.



Invitation pour la projection de l'Enfant du Diable à la Scam


Loin de traiter en profondeur ces questions politiques, le propos de ce documentaire apporte un point de vue nouveau sur la Roumanie d’hier et d’aujourd’hui : on rencontre les personnes vulnérables qui ont été victime de cette époque: les enfants, les filles mères isolées, et les parents adoptifs manipulés. Loin des clichés, les parents adoptants et biologiques ne s’opposent pas et expriment réciproquement leur reconnaissance mutuelle et l’envie de se rencontrer. 


Laura


***



Pour continuer :

Vous pouvez lire l'article sur notre blog consacré au témoignage de Marion :
http://lesadoptesderoumanie.blogspot.fr/search/label/Marion%20%22l%27enfant%20du%20diable%22

Le documentaire est disponible en vod sur Vodeo : http://www.vodeo.tv/documentaire/l-enfant-du-diable.

La page Facebook consacrée au documentaire : "L'Enfant du Diable, le doc"

Pour plus d'informations :

Chaîne youtube du producteur indépendant Kanari Films

L'un des site de l'artiste Elisabeth Blanchet et sa page Facebook

Présentation de la réalisatrice Ursula Wernly Fergui sur le site de la maison de production Kanari Films.


samedi 15 août 2015

Justine vs Paula




Justine âgée de 6 mois.


Aujourd'hui, l'écriture est sûrement pour moi le meilleur moyen de partager ce que j'ai sur le cœur...

Je m’appelle Justine, mais mon nom d’origine est Paula, je suis née à Bucarest (district 5) et j'ai été adoptée en Roumanie. J’ai 21 ans et je suis étudiante en psychologie. 

Donner son lieu de naissance en se présentant, cela peut paraître banal, mais cela ne l'est pas pour une personne mal à l'aise avec son histoire et avec ses origines. C’était mon cas il y a encore un an ou deux. 


Cet article a été transféré sur notre nouveau blog

Pour lire la suite cliquez ici

samedi 25 juillet 2015

Rom, et alors ?



Drapeau rom/tzigane adopté officiellement
lors du Congrès mondial tzigane de 1971
















Bonjour,



Je vous écris ce petit message concernant tous les enfants adoptés comme moi et d'origine ROM. 

Cet article a été transféré sur notre nouveau Blog
Pour lire la suite cliquez ici



jeudi 14 mai 2015

La recherche des origines en Roumanie (ANPDEA)


Aspects juridiques et pratiques

Colloque du 5 mars 2015



Mme Popa et Mme Curelaru,
cadre administratif et juridique de l'
ANPDEA à Bucarest

Intervention de Mme Nicoleta CURELARU, coordinatrice du département juridique à l’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) qui appartient au Ministère du Travail, de la Famille, de la protection sociale et les personnes âgées roumaines. 

Lors des recherches de ses parents biologiques roumains, l'adopté d'origine roumaine aura affaire à ce service roumain. (cf. notre article sur les démarches).

Voici sa présentation lors du colloque :
"L’adoption aujourd’hui : regards croisés sur les pratiques françaises et roumaines" 
Celui-ci avait lieu le 5 mars 2015 à Brest à l'Institut pour le Travail Éducatif et Social (ITES) dans le cadre des forums de l'ITES.





La recherche des origines


Démarche difficile, la recherche des origines cherche à répondre à des questions dont les réponses s’inscrivent dans un besoin naturel, nécessaire et légitime de se construire afin de définir son identité. Ces démarches débutent à différents âges, mais plus généralement lorsque les personnes adoptées deviennent adultes ou parents, à leur tour.

Qui suis-je, en fait ? A qui je ressemble ?
D’où est-ce que je viens, de quel environnement et de quelle culture ?
Quelle a été la raison pour laquelle j’ai été donné à l'adoption ?

Si répondre à ces questions relève d'une longue démarche pour tout un chacun, cela s'avère, pour les personnes adoptées, un parcours plus compliqué, surtout lorsque cette recherche se confronte à un conflit d’intérêts sur le plan légal. En effet, si les adoptés estiment avoir le droit de connaître leurs origines, de l'autre côté la famille biologique a aussi le droit au respect de leur vie privée, notamment concernant les femmes qui ont abandonné leur enfant. 
Cependant la France et la Roumanie ont signés la Convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale or, cette convention reconnait le besoin de connaitre ses antécédents familiaux dans ses directives de protection des enfants. En effet le second point de l'article 30 fait clairement mention du devoir des Etats signataires à assurer l'accès de l'enfant ou de son représentant aux informations sur ses origines, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père biologiques : 

Article 30  

1. Les autorités compétentes d'un Etat contractant veillent à conserver les informations qu'elles détiennent sur les origines de l'enfant, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père, ainsi que les données sur le passé médical de l'enfant et de sa famille. 

2. Elles assurent l'accès de l'enfant ou de son représentant à ces informations, avec les conseils appropriés, dans la mesure permise par la loi de leur Etat. 


De plus la Convention sur les droits de l’enfant et la Convention Européenne en matière d’adoption d’enfants (révisée), adoptée à Strasbourg en novembre 2008, soulignent le besoin de l’enfant de connaître ses antécédents familiaux.
Les autorités roumaines reconnaissent l’importance de connaître son passé et le droit de l’enfant à connaître ses origines. Ainsi, dans le respect de la Convention, la Roumanie soutient depuis 2007 les personnes adoptées à obtenir des informations sur les membres de leur famille biologique ou à les contacter. L’activité est encadrée par des professionnels dans le domaine de l’adoption, dans le cadre de l’autorité centrale d’adoption, en collaboration avec les autorités locales du pays entier. Les dispositifs actuels cherchent encore à pallier au conflit d'intérêt entre ce "droit à savoir" et ce "droit de confidentialité", mais ils tentent de toujours assurer un équilibre entre les besoins et les droits de chaque partie impliquée : 

"Le service qui fournit les informations concernant le passé personnel des personnes adoptées et d’identification des personnes impliquées dans l’adoption est en développement et ajustement continuel. La question est règlementée par la Loi n° 273/2004 portant sur la procédure de l’adoption, republiée et par les dispositions légales spéciales visant la confidentialité des données à caractère personnel et le respect du droit à la vie privée et de famille".

Depuis 4 ans les demandes de recherche des origines des personnes adoptées ont augmentées. Au cours de la période 2009-2014, les demandes d'information suivaient généralement cet ordre :


    1. Contacter la mère biologique ;
    2. Contacter les parents biologiques;
    3. Contacter la famille biologique;
    4. Contacter les frères biologiques ;
    5. Contacter l’assistant maternel professionnel;
    6. Contacter les frères biologiques adoptés ;
    7. Contacter le père biologique;
    8. Visite au centre, à la maternité
    9. Infos généraux sur le dossier d’adoption (y inclus médicaux);
    10. Identité des parents biologiques;



                      Pourcentage des demandes faites par les adoptés selon l’objectif de leur démarche



                      Dans l'autre sens, les familles biologiques font aussi des demandes afin d'avoir des informations sur les enfants qui ont été adoptés. Ces requêtes consistent généralement à demander si l'adoption a été nationale ou internationale. Les autorités roumaines constatent à travers les demandes des différentes parties que la personne adoptée veut retrouver sa mère biologique alors que les demandes qui émanent des familles biologiques proviennent plus généralement des autres membres de la famille (oncle, tante, frère…) comme l'indique ce second graphique réalisé d'après le document donné par Mme CURELARU :



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur


                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption a analysé toutes les demandes reçues, et il en résulte que : 

                      • Le segment représentatif des demandes comprend les personnes adoptées à l’étranger âgées 18 - 28 ans, surtout des personnes nées entre les années 1991 - 2001, dates qui correspondent au augmentations significatives des adoptions internationales.
                      • La plupart des demandes a été adressée directement à l’Agence Nationale de Protection des Droits de l'Enfant et l'Adoption (A.N.P.D.E.A.) par les personnes adoptées à l’étranger ou par un intermédiaire. Cet intermédiaire peut être : des autorités centrales en matière d’adoption internationale de l’Etat d’accueil, des ambassades, des fondations avec attributions dans le domaine de la protection de l’enfant ou de l’adoption, un avocat, la Direction Générale d’Assistance Sociale et Protection de l’Enfant (D.G.A.S.P.C.). (Cf. notre article sur la recherche des origines III)

                      Mme CURELARU cite l'exemple d'une demande en partageant une lettre envoyée par une jeune fille adoptée en 1991 par une famille française. Marie, née en novembre, 1990 est entrée en contact avec le service à l’âge de 21 ans, quand elle est elle-même devenue mère.



                      Margareta,
                      L’histoire qui nous lie date de 20 ans. C’est après ces nombreuses années que j’essaie de te retrouver. Cette durée a permis que j’ai suffisamment de force pour venir vers toi, peut être connaitre un refus de ta part, ou bien peut être de connaitre des histoires douloureuses. Je pense que pendant toutes ces années, beaucoup de choses se sont passées dans ta vie et que je viens peut être réveiller des souvenirs compliqués. Pour cela, je suis désolée. Néanmoins, j’ai souhaité de puis longtemps revenir vers toi. Avant tout, tu dois savoir que je ne te juge pas pour ce que tu as dû faire. Aujourd’hui ma vie est belle parce que tu m’as donné la chance d’être adoptée et j’ai une famille très bien. On ne m’a jamais caché mon histoire. Maintenant je suis maman, j’aime beaucoup mon fils et j’aime beaucoup les enfants. Je travaille pour une institution pour des enfants en difficulté.
                      J’aimerais beaucoup en savoir un peu de plus. Principalement sur toi : Quel visage as-tu ? Est-ce que tu as fondé ta famille ?
                      Je n’ai pas de frère ou de soeur. Peut-être j’ai des demi-frères ou demi-soeur en Roumanie ? Ensuite, je me pose la question de « pourquoi » ? Pourquoi est-ce que tu as dû me confier à la crèche ? Mais cette question te rappelle surement des choses très compliquées. Un jour peut-être tu accepteras de m’en parler.
                      Tu peux me répondre en écrivant si tu le souhaites. Même si tu ne réponds pas a toutes mes questions. En espérant que la lecture de cette lettre n’était pas trop difficile, j’attends avec impatience ta réponse. Ci-joint tu trouves quelques photos de moi.
                      Marie

                      Apres l’avoir informée sur le désir de sa fille biologique de la contacter et après avoir reçu la lettre de Marie, sa mère biologique a été très émue et elle a consenti à porter une correspondance, puis à rencontrer sa fille. Voici sa réponse :

                      Chère Marie,

                      Je suis très heureuse d’avoir reçu ta lettre.
                      J’ai toujours pensé à toi et le fait que j’ai reçu des nouvelles de toi m’a fait pleurer de joie.
                      Marie, tu es grandie et tu es très belle grâce à tes parents qui t’ont élevé et éduqué avec dévouement.
                      Je te prie de me pardonner si tu peux ; ma situation matérielle est si précaire que tu n’aurais jamais bénéficié d’une si bonne éducation que tu as eu grâce à tes parents adoptifs. A présent, je suis mariée et mon marie connait l’histoire de ton adoption.
                      Je serais très heureuse de te rencontrer, ainsi que tes demi-frères Tibi et Zollti et ta demi-soeur Elisabeta.
                      Je remercie beaucoup tes parents adoptifs pour tout ce qu’ils ont fait pour toi ; que Dieu leur donne santé et joie.
                      Chère Marie, tu ressembles plus à ton père et à ta soeur.
                      Nous sommes heureux de savoir que tu aimes les bébés et les enfants et par cela tu nous as donné une leçon de vie.
                      Voici des photos de nous. Nous te souhaitons santé, joie et que tu sois très heureuse.

                      Affectueusement,

                      Ta mère


                      Sur 424 demandes formulées par les personnes adoptées à l’international, environ 59% des personnes adoptées à l’étranger ayant formulé de demandes ont été adoptées en France, aux Etats-Unis, à Malte et en l’Allemagne. 



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur



                      103 demandes viennent de France ce qui représente 21% des demandes. Les autorités répondent aux demandent formulées par les enfants adoptés lorsqu’ils sont majeurs. Cependant, des exceptions sont prévues dans la procédure pour les demandes émanant d’une requête médicale.




                      Laura



                      Sources :

                      Document donné par Mme Nicoleta CURELARU et mis en ligne sur le site de ITES "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :
                      http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) correspond en roumain à Autoritatea Națională pentru Protecția Drepturilor Copilului și Adopție (ANPCA). Page correspondante en roumain ou anglais : http://www.copii.ro/activitate/adoptie/adoptie-internationala/

                      Compte rendu du colloque mis en ligne sur le site de Enfance et Famille d'adoption Finistère : http://efa29.jimdo.com/statistiques-et-rapports/

                      Texte de la Convention de la Haye disponible sur le site officiel.

                      Page du site du l'ONG internationale de parrainage d'enfants Humanium consacré à la Convention Internationale des Droits de l'Enfanthttp://www.humanium.org/fr/convention/

                      Convention européenne en matière d'adoption des enfants (révisée) :
                      http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/202.htm

                      La jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (C.E.D.H.) représente une aide importante pour les praticiens dans l’approche des demandes de connaissance des origines. Mme Nicoleta Curelaru donne l'exemple de l’affaire GODELLI c. Italie de septembre 2012 qui a permis de préciser la notion d'identité et de vie privée :

                      "La demandeuse, née en l’an 1943, a été abandonnée lors de sa naissance par sa mère naturelle. Ultérieurement elle a été institutionnalisée et adoptée par une famille de citoyens italiens en l’an 1949. A l’âge de 10 ans, après avoir découvert qu’elle avait été adoptée, elle a demandé à ses parents adoptifs des renseignements sur sa famille naturelle, mais elle n’a reçu aucune réponse. La demandeuse soupçonnait qu’une jeune fille de son village, née le même jour, aussi adoptée, était sa soeur jumelle. Les parents adoptifs des deux jeunes filles leur ont interdit toute interaction.En l’an 2006, elle a demandé des renseignements à cet égard, en s’adressant aux autorités italiennes. On lui a mis à disposition le certificat de naissance mais il n’indiquait pas le nom de sa mère biologique, parce qu’elle n’avait pas consenti à dévoiler son identité. La même année, la cour italienne compétente a rejeté la demande de madame Godelli d’avoir accès à ses origines, en argumentant qu’au moment de sa naissance, la mère biologique n’avait pas été d’accord pour dévoiler son identité.
                      Dans cette affaire, la C.E.D.H. a estimé que s’est produit une transgression de l’article 8 de la Convention. Ainsi, le droit de connaître sa propre identité biologique a été clarifiée comme une composante de la notion de la vie privée."

                      Pour plus d'informations sur l'Affaire GODELLI c. Italie, voici le lien sur le site HUDOC de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : http://hudoc.echr.coe.int/sites/fra/pages/search.aspx?i=001-113332#{"itemid":["001-113332"]}



                      Iconographie :

                      Auteur [inconnu] : http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      Graphiques réalisés à partir de "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :  http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      mercredi 7 janvier 2015

                      Marion, "l'enfant du Diable"

                      Marion 2014  (copyright E.Blanchet)
                      
                      « L’enfant du diable » est le titre du film documentaire que Marion Le Roy Dagen,

                       une française adoptée en Roumaine, vient de tourner en collaboration avec

                      la photo-journaliste Elisabeth Blanchet et la réalisatrice Ursula Wernly Fergui.


                      Cet article a été transféré sur le nouveau blog de l'Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.).

                      Pour lire la suite de l'article 


                      En savoir plus :


                      lundi 2 juin 2014

                      L’affaire des « bébés roumains »



                      Image extrait de Bucarest 1986-1988, poétique d’une histoire.





                      "L'affaire des bébés roumains" est nommée ainsi par la presse française au début des années quatre-vingt (notamment on retrouve ce titre dans le Quotidien de Paris, du 3 Juin 1983) et rend compte de la situation de blocage des adoptions d'enfants roumains en Roumanie par des adoptants internationaux au cours des années quatre-vingt jusqu'au début des années quatre-vingt dix

                      Cet article a été transféré sur le nouveau blog de l'Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.).


                      Pour lire la suite de l'article :


                      http://orphelinsderoumanie.org/affaire-des-bebes-roumains/



                      vendredi 30 mai 2014

                      Documentaire : Naomi kawase, réalisatrice








                      Dans ses bras
                      (Ni Tsutsumarete), 1992, 40"

                      &

                      Le ciel, le Vent, le Feu, l'Eau et la Terre
                      (Kya Ka Ra Ba A), 2001, 55"

                      &

                      Escargot
                      (Katotsumori), 1994, 40''

                      Naomi Kawase



                      Naomi Kawase (30 mai 1969) est Diplômée de l’Ecole de photographie d'Osaka, elle y enseigne pendant quatre ans avant de se lancer dans la réalisation de courts-métrages en 8mm et 16mm à la fin des années 80. Elle réalise son premier long métrage,Suzaku, situé dans sa province natale de Nara, avec lequel elle remporte la Caméra d'or au Festival de Cannes 1997. La Forêt de Mogari, son quatrième long-métrage de fiction, reçoit le Grand Prix du jury lors de la 60e édition du festival (2007). Elle est membre du Jury du Festival de Cannes 2013. Elle présente en compétition, en 2014 au 64ème festival de Cannes, son dernier long métrage "Deux fenêtres".

                      Message de la réalisatrice à la cinémathèque française pour sa rétrospective (17 octobre - 12 novembre 2012) : 


                      Message de Naomi Kawase à la Cinémathèque... par lacinematheque





                      Dans ses bras




                      Dans ses bras, inaugure une série de courts métrages, documentaires expérimentaux autobiographiques. Naomi Kawase a été adoptée et élevée par sa grande-tante et son grand-oncle. Dans ces premiers travaux, elle "rassemble les morceaux d’une enfance brisée. Un faisceau d’émotions pour donner du sens à la quête du père. Naomi Kawase a 23 ans lorsqu’elle décide de partir à la recherche de son père, cet inconnu dont les seules traces qu’elle possède sont quelques photographies et son livret de famille.
                      Le divorce de ses parents a provoqué jadis le départ de [ce dernier], qui n’est jamais revenu. Sa mère s’occupe de sa carrière. Naomi grandit chez [sa grande-tante et son grand-oncle], mais garde néanmoins quelques impressions fugaces de la vie en famille et du bien-être éprouvé aux côtés de ses parents. Elle se sent coupée injustement de son identité." (1)



                      La réalisatrice explique : "Depuis un an, je cherchais mon père. J'ai voulu tout arrêter à mi-chemin, car j'avais peur.  Mon père allait probablement me dire : "Je ne te connais pas." Cela aurait été nier mon existence dans ce monde, ainsi que tous les efforts endurés dans ce travail de recherche pour se rapprocher de lui. Mon père, après notre séparation, a déménagé à dix endroits différents. Pendant vingt ans, j'ai vécu dans plusieurs maisons. J'étais attachée à chacune d’elles. Bien sûr, mon père avait disparu, mais ce que je voulais, c'était juste retrouver la trace de ce qu'il avait été et ses souvenirs. J'ai essayé de ressentir ce qu'il avait vécu. J’allais de ville en ville pour filmer le coucher du soleil, le balancement de l'arbre dans le vent, en écoutant les enfants jouer.

                      Filmer ces scènes était important pour moi. 
                      Probablement, les souvenirs de mon père ou de ma mère sont semblables à ce que j'ai capté. Je les ai recréés. Comme je le disais au début, j’avais pu expérimenter la beauté des rendus en filmant avec la caméra 8mm. Je suis juste allé à ces endroits et j'ai essayé de récupérer et de restaurer ce temps perdu qu’ils ont vécu. (Ce ne sont pas des lieux qui m'ont été indiqués par mes parents).

                      Pour moi, ces moments de partage avec mes parents n'ont jamais existé. Je ne pourrais pas les vivre avec eux, donc "je me régénère". " (2)

                      La réalisatrice retrouve la trace de son père biologique, et malgré les mises en garde de sa "grand-mère", elle se donne le courage d’appeler son père.


                      "Dans le final du film, [...] nous parlons mon père et moi par téléphone. Nos voix se sont trouvées.  A cet instant, mon père m'a appelé par mon prénom : Naomi.

                      Ce mot m’était suffisant. Pour moi, c'était comme si je pouvais admettre mon existence dans le monde et parmi mes pairs. Jusque-là, mon corps existe « ici », et je vis, et j'ai mes amis.

                      Mais ... il y avait quelque chose qui me donnait l'impression que mon corps n'existait pas ou  qu'il ne pouvait pas exister.

                      Entendre mon nom, « Naomi », m'a permis de remplir ce sentiment de vacuité. 

                      De cette manière, à travers la création de films, j’ai construit une digue pour continuer à vivre. Et pour le démontrer, le comportement des gens à mon égard a changé après avoir vu le film. Ils ont commencé à voir que j’existe dans ce monde, que « je suis » ... réellement." (2)

                      Pour Naomi Kawase les films et la vie sont toujours liés. Ils progressent comme deux roues l’une à coté de l’autre.




                      Le ciel, le Vent, le Feu, l'Eau et la Terre






                      Le titre "Kya Ka Ra Ba A" est un terme bouddhiste, kya - le ciel, ka - vent, ra - feu, ba - eau, et A - la terre, qui, signifie que le monde est composé de ces éléments.


                      Plus d'un an s'est écoulé depuis la mort du père biologique de Naomi Kawase. Huit ans après Dans ses bras on voit la réalisatrice porter un regard nouveau sur ce court métrage dans lequel elle tente de retrouver son père. Elle le visionne les images avec ses amis. 



                      Au cours de ce Le Ciel, le Vent, le Feu, l'Eau et la Terre, on suit la réalisatrice tout au long de cette nouvelle introspection, notamment lors d'un rendez-vous avec un tatoueur, qui se transforme en discussion sur la signification de sa démarche générale de deuil : comme un ultime défi, elle décide de se faire reproduire sur tout le dos le même tatouage que portait son père, besoin de conserver des traces de son passé douloureux. "Les tatouages sont gravés non seulement sur votre corps mais aussi dans votre âme. Beaucoup d’aiguilles", prévient le tatoueur.


                      Toute sa vie, Naomi gardera la marque de sa souffrance. Mais son attachement à la nature, au "coucher de soleil flou", aux gouttelettes d’eau et aux chants d’oiseaux résonne comme un espoir ...
                      Ce film agit comme un exutoire à un hors champ privé insoutenable." (3)






                      Escargot





                      On voit la réalisatrice dans une autre vidéo où la réalisatrice explique sa démarche, ses questionnements, son rapport au temps, sa valeur en tant qu'être humain et en tant que cinéaste (en anglais) :





                      Evénement TEDx-Tokyo (4)

                      Deux ans après Dans ses bras, Naomi Kawase réalise Escargot (Katatsumori). 
                      La réalisatrice explique : "Ce qui pouvait m’amener à habiter la réalité, n'était ni mon père, ni ma mère, mais ma "grand-mère", qui était avec moi toutes ces années. 
                      Bien que ce n'était pas ma vraie grand-mère, elle s'occupait de moi et elle m'a fait me sentir importante. 

                      J'ai pensé enregistrer notre vie quotidienne. Le film s'appelle "katatsumori. Il signifie «escargot». Il s'agit en fait d’un nom propre, parce qu’il existe un escargot qui s’appelle Katatsumuri.


                      Vous savez ce qu'est un escargot? 

                      L'escargot a une carapace. Si vous enlevez la carapace, il devient une simple limace ! [Amusée] 

                      Petite, je pensais que c’ était la vérité ! Je me sentais comme une limace. Ceux là semblaient avoir une carapace, comme une maison. Dans [Dans ses bras], j'aurais aimé vivre avec mon père. Enregistrer ma vie de tous les jours avec ma grand-mère était comme la création d'une carapace avec elle, devenant ainsi une sorte d’escargot.
                      C'est un jeu de mots, car «Tsumori» signifie « faux » ou « avoir l'intention de... », prétendre être un escargot. Donc au lieu de « Katatsumuri » cela est devenu « Katatsumori ». Il y a là de mauvaises plaisanteries au Japon, à propos des hommes d'âge moyen. Ils remplacent des lettres ou des mots phonétiquement similaires par d'autres, pour signifier différentes choses. Le titre de mon film est comme l'une de ces blagues." (2)






                      (1) Résumé en français sur le site Film-documentaires [en ligne] : http://www.film-documentaire.fr/Ni_Tsutsumarete.html,film,12285 

                      (2) Captation de l'intervention de Naomi Kawase lors de la master class pour le Festival de cinema "4+1", 26-30 octobre 2011 (Traduction Laura G.) [en ligne]: http://article.wn.com/view/2014/02/03/top_200_most_anticipated_films_for_2014_192_naomi_kawase_x20/

                      (3) fiche du film sur sur le site Film Documentaire [en ligne] : http://www.film-documentaire.fr/Kya_Ka_Ra_Ba_A.html,film,12287 

                      (4) Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des « idées qui valent la peine d'être diffusées » (en anglais : ideas worth spreading).


                      Site officiel de la réalisatrice : http://www.kawasenaomi.com/en/works/documentary_film/kya_ka_ra_ba_a/


                      iconographie : Première image, capture d'écran, In Dans ses bras de Naomi Kawase.
                      Deuxième image, capture d'écran, In Katsumori de Naomi Kawase projeté lors de la master class de Naomi Kawase lors du festival de cinéma "4+1" [en ligne] : http://article.wn.com/view/2014/02/03/top_200_most_anticipated_films_for_2014_192_naomi_kawase_x20/ 



                      mercredi 21 mai 2014

                      Déracinés, ils plient, se soutiennent et se relèvent













                      Adoptés à l'âge de 8 ans sans le consentement de leur mère, Florentina et Florin, des jumeaux roumains, la retrouve à 22 ans. 




                      Nés en en Roumanie en 1990, Florentina et Florin passent leurs huit premières années à l'orphelinat de Bacau. 

                      En 1998, ils changent de pays, de famille, de langue et de repères. Ils changent aussi de prénom : Irène et Christophe, happés par l'élan de leur jeune âge, s'adaptent rapidement à leur nouvelle vie, du moins en surface. Car lorsque Irène regarde Christophe, c'est  Florin qu'elle voit et inversement.  

                      Ils ont en partage huit ans d'histoire semée de tragédies mais qui a été malgré tout fondatrice. 
                      huit ans aussi de soutien indéfectible l'un à l'autre. 

                      "En réalité on avaient du mal à s'adapter" [...] "On s'était senti comme arraché à notre mère [...]. . Je n'arrivais pas à me sentir à ma place dans cette famille" confie Christophe dans le reportage que leur a consacré en 2012, la chaîne de TV M6 pour l'émission "C'est ma vie" (1).  

                      "On a toujours voulu retrouver notre mère, c'était un rêve impossible, comment aurions-nous pu tant que nous étions enfants? On espérait toujours pouvoir le réaliser plus tard"  dit Irène qui est à présent une charmante jeune femme, à son tour mère de famille.  

                      Et déterminés, ces deux là le sont ! 

                      A l'adolescence, bien que parfaitement intégrés à la vie en France, le mal-être les gagne. Les relations avec les parents adoptifs deviennent conflictuelles. "Je ne voulais rien montrer de ma souffrance, je souriais comme si de rien n'était"  dit Irène. La seule personne avec qui elle peut se confier est un surveillant du collège. En cours elle lacère régulièrement son bras avec la pointe du compas. Christophe, "le dur au cœur tendre",  fugue.

                      Le jeune garçon n'a que 13 ans, quand il entreprend de partir en Roumanie à pieds depuis Le-Puy-En-Velay où il habite ! Avec pour tout bagage une carte et une boussole, Il réussira ainsi à parcourir tout seul 150 kilomètres. La mission était courageuse mais évidemment au-delà de ses forces, après Grenoble, il rebrousse chemin mais sans renoncer à son objectif. Sa mère, il la retrouvera ! 





                      En 2012, avec l’aide d’une étudiante roumaine, les jumeaux retrouvent l’adresse actuelle de leur mère. Irène écrit à ce propos : «Après 15 ans de séparation avec ma famille biologique, je les retrouve enfin par internet en 15 jours. Une expérience émouvante.» 
                      Ils avaient toutes ces années conservé une vieille photo où l’on voit une jeune femme les tenir dans ses bras avec à côté d’eux leur père et  leurs deux sœurs à peine plus âgées qu’eux.



                      Ils embarquent alors tous deux  pour la Roumanie,  emmenant avec eux le bébé d’Irène.

                      Ils découvrent leur histoire :

                      Quand ils sont nés leurs parents avaient déjà deux fillettes et ils étaient très pauvres. "Je n'avais pas de maison, avec les enfants on dormait dehors où l'on pouvait [...].  Puis ils sont tombés malades",  dit la maman dans le reportage de M6 (1). Elle a alors confié  les jumeaux aux services sociaux. "Ça m'arrachait le cœur de me séparer de vous"  leur dit-elle en pleurant.
                      Elle allait les voir deux ou trois fois par an et chaque fois c'était un déchirement. Leur père est décédé quand ils avaient 5 ans. Elle a alors dû quitter la région avec ses deux aînées et trouvé un travail à la ville comme cantonnière ce qui leur a permis de survivre. Les derniers temps, seul le grand-père maternel resté à Bacau rendait parfois visite aux  jumeaux..
                      Et puis il y a eu ce moment terrible quand le grand père lui a annoncé par téléphone  "les enfants ne sont plus à la casa de Copii!, ils ont été adoptés par des étrangers." 


                      nrld : Les adoptions sans le consentement des parents biologiques roumains n'étaient pas rares dans les années 1990 et  début des années 2000. Voir notre article (2).


                      "J'ai vécu toutes ces années avec un fardeau très lourd"  "une pierre sur mon âme".

                      Leur  mère biologique leur a demandé pardon
                      Elle a aussi retrouvé auprès d'eux son rôle de maman, apprenant à sa fille à confectionner un plat roumain, obligeant son fils à mettre son manteau alors qu'il était dehors par -4° entrain de préparer un barbecue.  

                      Irène et Christophe tenaient aussi retrouver la nourrice Tatiana, la seule qui leur avait apporté un peu de douceur maternelle dans l'univers froid et brutal de l'orphelinat. Cette dernière se souvenait encore d'eux et aussi du nom que lui donnait la petite Florentina : "maman 2"....  Ils ont chaudement   remercié cette bonne fée. 

                      Revoir l'orphelinat où ils ont passé les huit premières années de leur vie a fait resurgir des souvenirs douloureux mais qui désormais allaient pouvoir être rangés définitivement au rang de vieux souvenirs "digérés". Et Florin de conclure à propos de ce voyage, aussi désiré que redouté : "Mon cœur a été réhydraté!",  "j'ai l'impression d'avoir évacué tout mon mal-être". 
                      Retrouver ses racines lui aura permis dit-il "de ne pas inventer [sa] vie, de la vivre tout simplement".




                      Article rédigé par Nadine Delpech/Laura G..















                      (1) Documentaire réalisé par Éloïse Millet et diffusé en 2012 dans l'émission "C'est ma vie"  (vidéos en 3 parties)

                      (2) A propos des adoptions effectués sans le consentement des mères biologiques, voir notre article : sur ce blog à "Histoire des adoptés (2/2)".


                      L'article " Le Puy : adoptés contre le gré de leur mère", In Zoom d'ici, 22/07/2013, [en ligne],
                      http://www.zoomdici.fr/actualite/Le-Puy-adoptes-contre-le-gre-de-leur-mere-id131108.html

                      La page " Irène et Christophe", In "C'est ma vie", émission dde la chaine télé M6 [en ligne],
                      http://www.m6.fr/emission-c_est_ma_vie/candidat/irene_et_christophe-7282/#ixzz30RNJi3fp

                      La page Facebook "C'est ma vie Irene-Christophe gaucher" dédiée au reportage :

                      https://www.facebook.com/CestMaVieIreneChristopheGaucher?fref=ts

                      iconographie :

                      [en ligne] http://www.zoomdici.fr/actualite/Le-Puy-adoptes-contre-le-gre-de-leur-mere-id131108.html?#

                      Numéro de référence à l'inathèque : 4677832.001

                      mercredi 23 avril 2014

                      Recherche des origines : à partir d'Internet ! (1/3)



                      Né en Roumanie : comment retrouver ses parents biologiques ?

                                                                                                                                                         







                      La volonté de connaître ses origines est un besoin légitime qui généralement nous tenaille secrètement depuis l’enfance et qui, tant qu’on reste avec cette interrogation, jamais ne s’estompe. On est toujours pris entre ce désir de savoir et la crainte d’être déçu. L’expérience de ceux qui ont retrouvé  leur  mère ou famille d’origine tend à indiquer que ce n’est pas tant de savoir comment seront ou comment se comporteront  nos géniteurs qui est libérateur, que de pouvoir tout simplement  mettre un visage, une  voix, une histoire  à la place d’un grand vide généalogique.



                      Nouvelle Pythie, quelle personne aujourd'hui en recherche de ses origines n'aura pas déjà essayé de demander à Google ? 

                      Or, avec la fréquence d'utilisation des réseaux sociaux, le succès de ces démarches est grandissant. Ainsi, il se peut qu'on ait des réponses, mais est-ce seulement cela qu'on cherche ?



                      Avec  

                      • son nom/prénom roumain,
                      • ses dates et lieux de naissance,
                      • le nom de sa mère biologique, 
                      • son année et lieu d’adoption,

                      On a les éléments pour envisager des recherches.  

                      Entamer des recherches concernant ses origines est une véritable enquête qui, selon les cas, peut être plus ou moins longue, voir même ne pas aboutir. 
                      Il arrive parfois qu’on pense être sur la bonne piste mais qui, au final, ne s’avère pas être la bonne. Quelque soit leurs aboutissements, ces recherches sont toujours l’occasion de faire des rencontres inattendues et riches ! Mais ne nous y trompons pas, Internet nous laisse seul face à un écran. Or cette démarche, si elle est entreprise sérieusement, ne peut l'être entreprise entièrement seul. 

                      Ainsi, parfois si cette enquête est peut-être exaltante, elle se révélera d'autre fois décourageante. Dans le cas de réponses négatives elle deviendra alors complètement déprimante. Même préparé à toutes éventualités, certains adoptés confient qu'on ne l'es jamais face à certaines situations, d'où l'importance d'être accompagné.

                      Cette démarche intime est bonne à partager avec ses proches. Tout en restant une aventure individuelle, il faut arriver à leur donner une place. Cela est important, car cette quête suscite parfois beaucoup d'incompréhension et génère des angoisses, notamment pour les parents adoptifs. 

                      C'est pour cela que nous conseillons à nos lecteurs adoptés d'entrer en contact avec nous, d'autres adoptés sur le forum ou sur le groupe facebook afin de discuter, de recueillir des conseils pour se préparer. Le contact d’autres personnes ayant réalisées ces recherches ou effectuant actuellement ces démarches sera toujours enrichissant, voir l'occasion de créer de belles amitiées. 




                      1.Les recherches sur Internet




                      Grâce à Internet nous avons désormais la possibilité de contacter le monde entier en quelques "clics" et de mener de véritables enquêtes.



                      a.Contact


                      Dans l'article Recherche des origines : démarches (3/3) nous présentons les différentes autorités que vous pouvez contacter, dont notamment le service de l'Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (A.N.P.D.E.A.) auquel vous aurez affaire.


                      b.Enquête


                      Les roumains sont aussi sur Facebook, de sorte qu’on y trouve beaucoup d’homonymes. Il se peut que vous ayez des frères et sœurs biologiques, mais ils ne portent pas forcément le même nom que vous.

                      Vous pouvez envoyer un message à une personne roumaine en utilisant le traducteur Google. (nb : dans l'optique de vos recherches, nous vous conseillons d'apprendre la langue ou quelques rudiments)

                      Quand vous contactez quelqu’un que vous supposez être de votre famille biologique, surtout ne donnez pas d’emblée tous les éléments, de sorte à ce que si la personne répond qu’elle est bien votre mère ou votre frère, de pouvoir le vérifier. 
                      Par exemple vous indiquez la région de naissance et non la ville, si c’est réellement la bonne personne, elle sera en mesure de vous indiquer la ville. Ou alors  vous indiquez le nom et prénom de la mère et seulement le nom du père. La personne devra alors vous dire le prénom du père.


                      Vous pouvez aussi chercher sur les annuaires téléphoniques roumains : http://abonati.ro/


                      Sur Google , il faut toujours pour chaque nom ou série de mots recherchés consulter une dizaine de pages. 

                      Il faut chercher avec toutes les combinaisons possibles de mots par exemple : 
                      -avec le nom et prénom de la mère  et la ville de naissance  
                      -avec le nom et prénom de la mère et  avec la région de naissance. (c’est important car souvent ils déménagent dans une ville voisine) 
                      - avec le nom seul et le lieu de naissance, puis avec la région de naissance
                      - avec le nom prénom du mère et du père si ce dernier est connu
                      - avec votre prénom roumain et votre date de naissance pour le cas où votre famille biologique aurait passé une annonce sur le net.

                      les recherches sur Google il est préférable  les refaire à espace régulier car 1 élément a pu vous échapper précédemment où alors il peut y avoir un nouvel article où figure le nom que vous recherchez.   

                      N’oubliez pas non plus quelques techniques de recherche :

                      - vous pouvez faires les mêmes recherches à partir du moteur de recherche sur les «images».

                      - lorsque vous cherchez un mot clef précis, inscrivez leur entre guillemet :
                      ex: si vous cherchez Luca, et que google vous propose Lucas, inscrivez dans votre barre de recherche : «Luca».

                      - si vous voulez chercher dans un site intéressant à partir du moteur de recherche google : écrivez dans la barre de recherche google le mot " luca " puis écrivez " site: " suivi de l'adresse du site internet en question : 
                      luca site:www.wikipedia.fr



                      2. Vous inscrire sur la liste de ce site 




                      Vous inscrire sur la liste de ce site, permettra déjà à une personne qui vous rechercherait avec votre nom roumain et date de naissance, de vous retrouver grâce aux moteurs de recherches.
                                                                       


                      3.  Créer une page 




                      Vous pouvez également faire une page sur Facebook ouverte au public avec toutes les informations relatives à votre naissance qui pourraient être selon vous des indices, de sorte à ce qu’on puisse aussi vous trouver. 
                      Nous pouvons également consacrer un article dans le blog.




                      4. Pour les adoptés de nationalité Suisse



                      Daria Michel Scotti, psycologue et membre du site Suisse  : www. espace-adoption.ch  nous indique les infos suivantes :
                      Vous pouvez ppublier une annonce sur (http://www.espace-adoption.ch/index.php?master=interieur&publique=&rubrique=6) qui est visité par un grand nombre de personnes en Suisse.

                      Parmi nos différents partenaires, vous pouvez contacter de notre part le Service Social International (http://www.ssiss.ch/fr/recherche_des_origines_et_de_parente), une fondation qui aide aux démarches concrètes et pourra vous orienter, voire même vous assister directement. Le service juridique du SSI pourra aussi vous renseigner sur le cadre légal autorisant de telles recherches. Je ne suis pas sûre de savoir ce qu'il en est à l'heure actuelle.

                      La croix-rouge suisse dispose aussi d'un service d'aide aux recherches: https://www.redcross.ch/fr/organisation/service-de-recherches/la-recherche-de-personnes-disparues

                      Enfin, je vous conseille de prendre éventuellement contact avec l'autorité centrale fédérale en matière d'adoption: https://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/gesellschaft/internationale_adoption.html





                      inconographie : capture d'écran © lesadoptesderoumanie




                                                                                          Page 1/3                                                                   .../...        

                      ..