Qui sommes-nous ?

"Les Enfants Adoptés De Roumanie" (L.E.A.D.R.) était une réunion de personnes bénévoles : nés en Roumanie et adoptés par des couples francophones, et des personnes sensibles aux questions de l'adoption internationale en Roumanie. De 2014 à 2015 LEADR a créé des espaces et des outils adressés aux adoptés d'origine roumaine pour faire entendre leur parole et pour contribuer à leurs recherches. Aujourd'hui le collectif a évolué en Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.), association loi 1901, créé en septembre 2015 : www.orphelinsderoumanie.org
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samedi 10 octobre 2015

Lettre à mes parents



Bonjour maman et papa


J'ai vraiment de la chance de vous avoir comme parents, et je ne l'ai jamais dit.
Le jour où je vous ai croisé dans ces couloirs de Bucarest a été une bénédiction sur moi !!!
Vous m'avez apporté tout ce dont un enfant peut souhaiter et rêver !


Bucarest, Mars 1984.


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jeudi 17 septembre 2015

Lydia





Fête des 555 ans de Bucarest, 2014.



Je m’appelle Lydia, je suis officiellement née le 25 juillet 1984 à Bucarest ; mais je ne saurai réellement dire quand, ni où, car, d’après ce que m’ont raconté mes parents ainsi que ceux qui s’occupaient de moi à l’époque, des gens m’ont trouvée dans la rue le 04 août 1984 alors que je n’avais que quelques jours. Dans ce genre de situation, l’enfant était apporté à la police qui le mettait dans une institution et c’est l’administration qui se chargeait de donner une identité civile à l’enfant par la suite. J'ai donc passé la première année de mon existence dans l’orphelinat nr1 de Bucarest ("Sfanta Ecaterina") où je n’étais que l’ombre de moi-même.


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samedi 15 août 2015

Justine vs Paula




Justine âgée de 6 mois.


Aujourd'hui, l'écriture est sûrement pour moi le meilleur moyen de partager ce que j'ai sur le cœur...

Je m’appelle Justine, mais mon nom d’origine est Paula, je suis née à Bucarest (district 5) et j'ai été adoptée en Roumanie. J’ai 21 ans et je suis étudiante en psychologie. 

Donner son lieu de naissance en se présentant, cela peut paraître banal, mais cela ne l'est pas pour une personne mal à l'aise avec son histoire et avec ses origines. C’était mon cas il y a encore un an ou deux. 


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dimanche 31 mai 2015

Rarissime : Lettre d'une mère à l'enfant qu'elle vient de donner à l'adoption

- 1990, archives Ashley M.Jacobs -



Une des Photos qui accompagnait la lettre

Il est extrêmement rare qu'une "mère de l'oublie" laisse une lettre d'adieu à son  bébé. Le document que nous publions ici avec l'aimable autorisation d'Ashley Jacobs et d'Ilona  sa maman biologique à une valeur historique qui dépasse la vie intime de ces 2 femmes que nous tenons à remercier.  

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Rare: Letter to a mother who has just given the child for adoption

- 1990, archives Ashley M.Jacobs -



A joined picture to the letter



It is extremely rare that a "mother forgotten" (birth mother) leaves a farewell letter to her baby. 

The document published here thanks to Ashley Jacobs and Ilona, her biological mom. This document has a historical value that exceeds the intimate lives of these two women, whom we thank.

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You can read it here


Ashley Jacobs



Exceptionnellement,
pour ce témoignage nous avons également rédiger un article en anglais

Exceptionally,
for this story we also write an article in English


 Français

 English


jeudi 14 mai 2015

La recherche des origines en Roumanie (ANPDEA)


Aspects juridiques et pratiques

Colloque du 5 mars 2015



Mme Popa et Mme Curelaru,
cadre administratif et juridique de l'
ANPDEA à Bucarest

Intervention de Mme Nicoleta CURELARU, coordinatrice du département juridique à l’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) qui appartient au Ministère du Travail, de la Famille, de la protection sociale et les personnes âgées roumaines. 

Lors des recherches de ses parents biologiques roumains, l'adopté d'origine roumaine aura affaire à ce service roumain. (cf. notre article sur les démarches).

Voici sa présentation lors du colloque :
"L’adoption aujourd’hui : regards croisés sur les pratiques françaises et roumaines" 
Celui-ci avait lieu le 5 mars 2015 à Brest à l'Institut pour le Travail Éducatif et Social (ITES) dans le cadre des forums de l'ITES.





La recherche des origines


Démarche difficile, la recherche des origines cherche à répondre à des questions dont les réponses s’inscrivent dans un besoin naturel, nécessaire et légitime de se construire afin de définir son identité. Ces démarches débutent à différents âges, mais plus généralement lorsque les personnes adoptées deviennent adultes ou parents, à leur tour.

Qui suis-je, en fait ? A qui je ressemble ?
D’où est-ce que je viens, de quel environnement et de quelle culture ?
Quelle a été la raison pour laquelle j’ai été donné à l'adoption ?

Si répondre à ces questions relève d'une longue démarche pour tout un chacun, cela s'avère, pour les personnes adoptées, un parcours plus compliqué, surtout lorsque cette recherche se confronte à un conflit d’intérêts sur le plan légal. En effet, si les adoptés estiment avoir le droit de connaître leurs origines, de l'autre côté la famille biologique a aussi le droit au respect de leur vie privée, notamment concernant les femmes qui ont abandonné leur enfant. 
Cependant la France et la Roumanie ont signés la Convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale or, cette convention reconnait le besoin de connaitre ses antécédents familiaux dans ses directives de protection des enfants. En effet le second point de l'article 30 fait clairement mention du devoir des Etats signataires à assurer l'accès de l'enfant ou de son représentant aux informations sur ses origines, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père biologiques : 

Article 30  

1. Les autorités compétentes d'un Etat contractant veillent à conserver les informations qu'elles détiennent sur les origines de l'enfant, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père, ainsi que les données sur le passé médical de l'enfant et de sa famille. 

2. Elles assurent l'accès de l'enfant ou de son représentant à ces informations, avec les conseils appropriés, dans la mesure permise par la loi de leur Etat. 


De plus la Convention sur les droits de l’enfant et la Convention Européenne en matière d’adoption d’enfants (révisée), adoptée à Strasbourg en novembre 2008, soulignent le besoin de l’enfant de connaître ses antécédents familiaux.
Les autorités roumaines reconnaissent l’importance de connaître son passé et le droit de l’enfant à connaître ses origines. Ainsi, dans le respect de la Convention, la Roumanie soutient depuis 2007 les personnes adoptées à obtenir des informations sur les membres de leur famille biologique ou à les contacter. L’activité est encadrée par des professionnels dans le domaine de l’adoption, dans le cadre de l’autorité centrale d’adoption, en collaboration avec les autorités locales du pays entier. Les dispositifs actuels cherchent encore à pallier au conflit d'intérêt entre ce "droit à savoir" et ce "droit de confidentialité", mais ils tentent de toujours assurer un équilibre entre les besoins et les droits de chaque partie impliquée : 

"Le service qui fournit les informations concernant le passé personnel des personnes adoptées et d’identification des personnes impliquées dans l’adoption est en développement et ajustement continuel. La question est règlementée par la Loi n° 273/2004 portant sur la procédure de l’adoption, republiée et par les dispositions légales spéciales visant la confidentialité des données à caractère personnel et le respect du droit à la vie privée et de famille".

Depuis 4 ans les demandes de recherche des origines des personnes adoptées ont augmentées. Au cours de la période 2009-2014, les demandes d'information suivaient généralement cet ordre :


    1. Contacter la mère biologique ;
    2. Contacter les parents biologiques;
    3. Contacter la famille biologique;
    4. Contacter les frères biologiques ;
    5. Contacter l’assistant maternel professionnel;
    6. Contacter les frères biologiques adoptés ;
    7. Contacter le père biologique;
    8. Visite au centre, à la maternité
    9. Infos généraux sur le dossier d’adoption (y inclus médicaux);
    10. Identité des parents biologiques;



                      Pourcentage des demandes faites par les adoptés selon l’objectif de leur démarche



                      Dans l'autre sens, les familles biologiques font aussi des demandes afin d'avoir des informations sur les enfants qui ont été adoptés. Ces requêtes consistent généralement à demander si l'adoption a été nationale ou internationale. Les autorités roumaines constatent à travers les demandes des différentes parties que la personne adoptée veut retrouver sa mère biologique alors que les demandes qui émanent des familles biologiques proviennent plus généralement des autres membres de la famille (oncle, tante, frère…) comme l'indique ce second graphique réalisé d'après le document donné par Mme CURELARU :



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur


                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption a analysé toutes les demandes reçues, et il en résulte que : 

                      • Le segment représentatif des demandes comprend les personnes adoptées à l’étranger âgées 18 - 28 ans, surtout des personnes nées entre les années 1991 - 2001, dates qui correspondent au augmentations significatives des adoptions internationales.
                      • La plupart des demandes a été adressée directement à l’Agence Nationale de Protection des Droits de l'Enfant et l'Adoption (A.N.P.D.E.A.) par les personnes adoptées à l’étranger ou par un intermédiaire. Cet intermédiaire peut être : des autorités centrales en matière d’adoption internationale de l’Etat d’accueil, des ambassades, des fondations avec attributions dans le domaine de la protection de l’enfant ou de l’adoption, un avocat, la Direction Générale d’Assistance Sociale et Protection de l’Enfant (D.G.A.S.P.C.). (Cf. notre article sur la recherche des origines III)

                      Mme CURELARU cite l'exemple d'une demande en partageant une lettre envoyée par une jeune fille adoptée en 1991 par une famille française. Marie, née en novembre, 1990 est entrée en contact avec le service à l’âge de 21 ans, quand elle est elle-même devenue mère.



                      Margareta,
                      L’histoire qui nous lie date de 20 ans. C’est après ces nombreuses années que j’essaie de te retrouver. Cette durée a permis que j’ai suffisamment de force pour venir vers toi, peut être connaitre un refus de ta part, ou bien peut être de connaitre des histoires douloureuses. Je pense que pendant toutes ces années, beaucoup de choses se sont passées dans ta vie et que je viens peut être réveiller des souvenirs compliqués. Pour cela, je suis désolée. Néanmoins, j’ai souhaité de puis longtemps revenir vers toi. Avant tout, tu dois savoir que je ne te juge pas pour ce que tu as dû faire. Aujourd’hui ma vie est belle parce que tu m’as donné la chance d’être adoptée et j’ai une famille très bien. On ne m’a jamais caché mon histoire. Maintenant je suis maman, j’aime beaucoup mon fils et j’aime beaucoup les enfants. Je travaille pour une institution pour des enfants en difficulté.
                      J’aimerais beaucoup en savoir un peu de plus. Principalement sur toi : Quel visage as-tu ? Est-ce que tu as fondé ta famille ?
                      Je n’ai pas de frère ou de soeur. Peut-être j’ai des demi-frères ou demi-soeur en Roumanie ? Ensuite, je me pose la question de « pourquoi » ? Pourquoi est-ce que tu as dû me confier à la crèche ? Mais cette question te rappelle surement des choses très compliquées. Un jour peut-être tu accepteras de m’en parler.
                      Tu peux me répondre en écrivant si tu le souhaites. Même si tu ne réponds pas a toutes mes questions. En espérant que la lecture de cette lettre n’était pas trop difficile, j’attends avec impatience ta réponse. Ci-joint tu trouves quelques photos de moi.
                      Marie

                      Apres l’avoir informée sur le désir de sa fille biologique de la contacter et après avoir reçu la lettre de Marie, sa mère biologique a été très émue et elle a consenti à porter une correspondance, puis à rencontrer sa fille. Voici sa réponse :

                      Chère Marie,

                      Je suis très heureuse d’avoir reçu ta lettre.
                      J’ai toujours pensé à toi et le fait que j’ai reçu des nouvelles de toi m’a fait pleurer de joie.
                      Marie, tu es grandie et tu es très belle grâce à tes parents qui t’ont élevé et éduqué avec dévouement.
                      Je te prie de me pardonner si tu peux ; ma situation matérielle est si précaire que tu n’aurais jamais bénéficié d’une si bonne éducation que tu as eu grâce à tes parents adoptifs. A présent, je suis mariée et mon marie connait l’histoire de ton adoption.
                      Je serais très heureuse de te rencontrer, ainsi que tes demi-frères Tibi et Zollti et ta demi-soeur Elisabeta.
                      Je remercie beaucoup tes parents adoptifs pour tout ce qu’ils ont fait pour toi ; que Dieu leur donne santé et joie.
                      Chère Marie, tu ressembles plus à ton père et à ta soeur.
                      Nous sommes heureux de savoir que tu aimes les bébés et les enfants et par cela tu nous as donné une leçon de vie.
                      Voici des photos de nous. Nous te souhaitons santé, joie et que tu sois très heureuse.

                      Affectueusement,

                      Ta mère


                      Sur 424 demandes formulées par les personnes adoptées à l’international, environ 59% des personnes adoptées à l’étranger ayant formulé de demandes ont été adoptées en France, aux Etats-Unis, à Malte et en l’Allemagne. 



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur



                      103 demandes viennent de France ce qui représente 21% des demandes. Les autorités répondent aux demandent formulées par les enfants adoptés lorsqu’ils sont majeurs. Cependant, des exceptions sont prévues dans la procédure pour les demandes émanant d’une requête médicale.




                      Laura



                      Sources :

                      Document donné par Mme Nicoleta CURELARU et mis en ligne sur le site de ITES "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :
                      http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) correspond en roumain à Autoritatea Națională pentru Protecția Drepturilor Copilului și Adopție (ANPCA). Page correspondante en roumain ou anglais : http://www.copii.ro/activitate/adoptie/adoptie-internationala/

                      Compte rendu du colloque mis en ligne sur le site de Enfance et Famille d'adoption Finistère : http://efa29.jimdo.com/statistiques-et-rapports/

                      Texte de la Convention de la Haye disponible sur le site officiel.

                      Page du site du l'ONG internationale de parrainage d'enfants Humanium consacré à la Convention Internationale des Droits de l'Enfanthttp://www.humanium.org/fr/convention/

                      Convention européenne en matière d'adoption des enfants (révisée) :
                      http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/202.htm

                      La jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (C.E.D.H.) représente une aide importante pour les praticiens dans l’approche des demandes de connaissance des origines. Mme Nicoleta Curelaru donne l'exemple de l’affaire GODELLI c. Italie de septembre 2012 qui a permis de préciser la notion d'identité et de vie privée :

                      "La demandeuse, née en l’an 1943, a été abandonnée lors de sa naissance par sa mère naturelle. Ultérieurement elle a été institutionnalisée et adoptée par une famille de citoyens italiens en l’an 1949. A l’âge de 10 ans, après avoir découvert qu’elle avait été adoptée, elle a demandé à ses parents adoptifs des renseignements sur sa famille naturelle, mais elle n’a reçu aucune réponse. La demandeuse soupçonnait qu’une jeune fille de son village, née le même jour, aussi adoptée, était sa soeur jumelle. Les parents adoptifs des deux jeunes filles leur ont interdit toute interaction.En l’an 2006, elle a demandé des renseignements à cet égard, en s’adressant aux autorités italiennes. On lui a mis à disposition le certificat de naissance mais il n’indiquait pas le nom de sa mère biologique, parce qu’elle n’avait pas consenti à dévoiler son identité. La même année, la cour italienne compétente a rejeté la demande de madame Godelli d’avoir accès à ses origines, en argumentant qu’au moment de sa naissance, la mère biologique n’avait pas été d’accord pour dévoiler son identité.
                      Dans cette affaire, la C.E.D.H. a estimé que s’est produit une transgression de l’article 8 de la Convention. Ainsi, le droit de connaître sa propre identité biologique a été clarifiée comme une composante de la notion de la vie privée."

                      Pour plus d'informations sur l'Affaire GODELLI c. Italie, voici le lien sur le site HUDOC de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : http://hudoc.echr.coe.int/sites/fra/pages/search.aspx?i=001-113332#{"itemid":["001-113332"]}



                      Iconographie :

                      Auteur [inconnu] : http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      Graphiques réalisés à partir de "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :  http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      jeudi 16 avril 2015

                      Spartacus et Cassandra, le film







                      "A 1 an, je marchais; à 2 ans je mangeais de la terre; à 3 ans mon père était en prison; puis j'ai fait la manche avec ma mère"
                      C'est par ces mots égrenés en voix off par Spartacus, 13 ans, que commence ce remarquable film documentaire aussi dur que lumineux.

                      Le réalisateur Ioanis Nuget a suivi pendant plus d'un an 2 enfants Rroms, frère et sœur accueillis dans un premier temps avec leurs parents, près de Paris dans le petit cirque de Camille, une jeune trapéziste.
                      Pour les enfants, Camille devient vite plus qu'une grande sœur. Mais le père souffre d'une addiction à l'alcool et la mère d'un trouble mental, les enfants vont être confrontés à un impossible choix : soit rester avec leurs parents dont le projet est de partir faire la manche en Espagne où être placés en France en famille d'accueil.


                       
                      La caméra de Ioanis Nuget capte sans complaisance ni angélisme des fragments d'une histoire touchante filmée à hauteur des enfants, avec leur regard et leurs mots. Ce qui relève de la tragédie devient un conte poétique, parfois burlesque, et où douceur et peurs se côtoient.

                      Grâce à Camille, leur nature d'enfant reprend parfois ses droits et on les voit aussi rire, se taquiner, danser et leur joie devient la nôtre.



                      Avec eux et toute la vitalité de leur jeune âge nous sommes bringuebalés dans un mouvement improbable où notre monde adulte semble un cirque et où ce sont les enfants qui nous donnent des leçons.

                      Spartacus et Cassandra crèvent l'écran. On ressort de ce film à la fois secoués et émerveillés.


                      Ce film documentaire a forcément trouvé en nous, adoptés de Roumanie souvent issus de familles Rroms, un écho particulier.

                      La caméra de Ioanis Nuget nous emmène là où jamais l'on ne va : dans l'intimité d'une famille abîmée par la misère, et qui pourrait être la nôtre.

                      Ce qui nous a le plus ému et qui semble avoir échappé aux autres spectateurs, c'est la souffrance sourde des parents de Spartacus et Cassandra et surtout celle de la mère. Leur souffrance face à leur impuissance à offrir à leurs enfants une vie meilleure que celle qu'ils ont toujours connu et qu'ont toujours connu les générations qui les ont précédés, leur souffrance devant l'amputation que représente la séparation d'avec ses enfants. Leur père pourrait facilement sembler méprisable si on oubliait qu'avant d'être un adulte il a, lui aussi, été un enfant vers qui aucune "Camille" n'a tendu la main et à présent tout semble trop tard pour lui.

                      Nous tenons à saluer le courage exemplaire de Camille Brisson la jeune trapéziste qui aurait eu, bien plus que d'autres, de bons alibis pour laisser ces gamins à leur triste sort et qui pourtant n'a pas hésité à se battre pour les aider, pour leur donner confiance en eux et en la vie, et leur montrer que quelqu'un sur cette terre croyait en eux, en leur potentiel pour rompre la spirale infernale de la misère, de la violence, de la folie et du rejet.
                      A seulement 21 ans, cette frêle jeune fille à réussi offrir à ces enfants un environnement plus sécurisant et les outils pour leur donner une chance de casser la chaîne de ce qui n'est pas une fatalité : l'ignorance et la misère avec toutes les laideurs qu'elles génèrent.


                      Nous avons également été rassurés de constater, et c'est assez rare pour être souligné, que dans nos services sociaux et judiciaires il existe des hommes et femmes plein de bon sens qui ont su entendre et comprendre ces gamins ; qui on su trouver des solutions pour leur permettre, comme ils le souhaitaient, de rester auprès de Camille tout en conservant un lien avec leurs parents biologiques ;

                      Voilà qui nous semble illustrer la définition de "l'intérêt supérieur des enfants"

                      Un film à voir, absolument !


                      N.D pour les adoptés de Roumanie.


                      Bande annonce





                      vendredi 25 avril 2014

                      Izidor Ruckel











                      L’adopté irrécupérable prouve qu’il ne faut jamais désespérer










                      "Given Our Chance wins a platinum award at the worldfest . What an opportunity it was for all of us that were recognized for the hard work. – avec Alex King, à Crowne Plaza Hotel Houston - Medical Center." 











                      Isidore Ruckel vient d’obtenir les Remi awards de Platine 2014 pour son film Given our Chance Alex King Productions (1)

                      Adopté tardivement dans un orphelinat roumain pour enfants « irrécupérables », son parcours démontre sa fabuleuse capacité de résilience.
                      En 1980, sous le régime de  Ceaucescu, Isidore alors âgé de 6 mois,  contracte la polio. Une maladie contagieuse qui génère  de graves infirmités. Ses parents misérables n’ont pas vu d’autres solutions que de l’abandonner.
                      C’est ainsi qu’il se retrouve à l’orphelinat de Sighet, un des pires qui soit, là où l’on cachait plus d’une centaine  d’enfants handicapés, les « irrécupérables ».  
                      Animé d’un fabuleux instinct de vie, il attire l’attention  d’une nourrice de l’orphelinat qui le    prend  en affection.
                       «Elle se souciait de moi comme si elle était ma mère,» dit-il. « Elle était probablement la personne la plus aimante et la plus gentille que j’ai rencontré »
                         
                      Mais le sort s’acharne. Alors qu’il avait 5 ou 6 ans, cette employée à laquelle il s’était attaché  s’électrocute à l’orphelinat  en voulant chauffer l’eau du bain des enfants.  Isidore n’a alors plus eu personne pour le protéger des coups, de graves négligences et de  l’ennui des jours.
                      Considérés comme un troupeau de d’animaux, privés de toute  base élémentaire d’éducation, les enfants sont livrés à leurs instincts primaires. « A l’orphelinat il n’y avait pas de règles ni de droit, tout était permis » « Quand un comportement gênait un employé, même pour une broutille, il nous administrait de forts sédatifs, ou   nous battait, ou encore   nous attachait dans une camisole de force » 
                      La plus part des autres enfants ayant des handicaps plus graves que ceux d’Isidore, en grandissant  cela lui donnait un  certain  ascendant  sur les autres.
                      «Vous ne savez pas la différence entre le bien et le mal quand vous ne l’avez   jamais appris. J’ai été désigné responsable d’un groupe d’enfants et je les traitais de la façon dont le personnel nous traitait :  S’ils ne m’écoutaient pas, je les battais »
                      En 1989 une équipe de télévision américaine vient filmer cet orphelinat sordide. Le monde entier découvre  des dizaines d’enfants, le crâne rasé, accroupis, nus, dans des flaques d’urine. D’autres sont attachés à des radiateurs. Beaucoup se balancent d’avant en arrière, certains se frappent la tête contre les murs. Et Isidore, avec son beau visage et ses yeux vifs,   qui marche jusqu’à eux en trainant sa jambe et  qui s’accrochent à leurs vêtements.
                      En 1991, son destin bascule. Il est adopté par une famille américaine. Il a alors déjà 11 ans.





                      Izidor Ruckel, agé de 11 ans, avec son père adoptif Danny Ruckel à San Diego, Californie.


                      © Tom Szalay

                      Au début, tout ce passe bien. Isidore bénéficie d’une opération qui lui permet, avec une prothèse de marcher normalement.
                      Mais à l’adolescence, sa sensibilité à fleur de peau, il est débordé par  les émotions  qui le submergent. Une situation que les parents ne sont pas préparés à gérer et qui devient de plus  en de plus en plus en conflictuelle. «Ce n’était pas de leur faute. Pendant 11 ans je n’avais fonctionné qu’aux claques et aux tannées. Je ne savais obéir que de cette manière qui n’était pas pratiquée ici. Alors quand  on me montrait de la bonté, de l’amour, de la compassion, ça me mettait encore plus en colère. »
                      «Je me sentais en colère à un point où je pouvais sentir mon cœur défaillir, je ne voyais plus que du noir !»  «Et en même temps, j’ai été élevé dans une famille chrétienne. Je me demandais toujours, si je n’étais pas  un enfant de l’enfer? Qu’est-ce qui n’allait pas avec moi?»

                      L’entente avec ses parents se dégrade jusqu’au point de rupture. A ses 17 ans, il doit quitter de la maison.
                      Isidor va alors rester plusieurs années sans aucun contact avec eux.

                      Ceci jusqu’au jour où il apprend que sa famille vient d’être été victime d’un  grave accident de voiture. Il réalise alors  qu’il ne peut pas les laisser tout seul  et se rend  à l’hôpital.
                      «C’était vraiment dur de revenir vers eux mais j’avais  tellement besoin d’être auprès d’eux dans ces moments, de savoir s’ils étaient OK» dit-il. «J’avais peur de leur réaction car j’imaginais qu’ils ne pourraient pas me pardonner pour tout ce que je leur avais fait subir»
                      Mais ses parents lui ont tout pardonné. Depuis lors, ils sont devenus très proches.

                      Isidore Ruckel a maintenant 34 ans et vit à Denver. Après avoir écrit Abandoned for life un livre sur ses expériences (2), et produit un premier film documentaire sur les orphelins roumains adoptées. Il vient  de terminer  en collaboration avec un autre adopté roumain, Alex King, un deuxième film documentaire Given our chance (1) sur ce que sont devenus les orphelins restés en Roumanie.






                      «Je suis devenu un défenseur des autres orphelins»
                      dit Isidore qui en a fait son combat. 

                      « Et je crois que tout ça a à voir avec mes parents 
                      parce que j’ai compris ce qu’est l’amour, 
                      ce qu’est la compassion 
                      et tout ce que l’affection peut faire »





                       D’aprés Tara Bhrantur, Washingtoonpst 30/01/2014
                      .                                                                                                                                               http://www.washingtonpost.com/sf/style/2014/01/30/a-lost-boy-finds-his-calling/
                      (1)- http://www.akingproduction.com/
                      (1)- http://www.pr.com/press-release/553069
                      http://eraonline.org.uk/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
                      https://bothendsburning.org/
                      http://childreninfamiliesfirst.org/
                      (2)-  livre «Abandoned for life»  http://www.abandonedforlife.com/buy-the-book.html


                      Iconographie :
                      Capture d'image de la bande annonce du film documentaire Given our chance réalisé par Izidor Ruckel, produit par Alex King, 55min, 2013, USA  [en ligne]
                      Alex King et Izidor Ruckel lors de la réception d'un Remi award à Worldfest, source page facebook de Izidor Ruckel ici
                      Photo extrait de l’article de Jon Hamilton, Orphans’ Lonely Beginnings Reveal How Parents Shape A Child’s Brain, February 24, 2014, Nrp.org [en ligne

                      couverture du livre "Abandoned for life" de Izidor Ruckel sur le site de l'auteur.

                      mercredi 23 avril 2014

                      Recherche des origines : à partir d'Internet ! (1/3)



                      Né en Roumanie : comment retrouver ses parents biologiques ?

                                                                                                                                                         







                      La volonté de connaître ses origines est un besoin légitime qui généralement nous tenaille secrètement depuis l’enfance et qui, tant qu’on reste avec cette interrogation, jamais ne s’estompe. On est toujours pris entre ce désir de savoir et la crainte d’être déçu. L’expérience de ceux qui ont retrouvé  leur  mère ou famille d’origine tend à indiquer que ce n’est pas tant de savoir comment seront ou comment se comporteront  nos géniteurs qui est libérateur, que de pouvoir tout simplement  mettre un visage, une  voix, une histoire  à la place d’un grand vide généalogique.



                      Nouvelle Pythie, quelle personne aujourd'hui en recherche de ses origines n'aura pas déjà essayé de demander à Google ? 

                      Or, avec la fréquence d'utilisation des réseaux sociaux, le succès de ces démarches est grandissant. Ainsi, il se peut qu'on ait des réponses, mais est-ce seulement cela qu'on cherche ?



                      Avec  

                      • son nom/prénom roumain,
                      • ses dates et lieux de naissance,
                      • le nom de sa mère biologique, 
                      • son année et lieu d’adoption,

                      On a les éléments pour envisager des recherches.  

                      Entamer des recherches concernant ses origines est une véritable enquête qui, selon les cas, peut être plus ou moins longue, voir même ne pas aboutir. 
                      Il arrive parfois qu’on pense être sur la bonne piste mais qui, au final, ne s’avère pas être la bonne. Quelque soit leurs aboutissements, ces recherches sont toujours l’occasion de faire des rencontres inattendues et riches ! Mais ne nous y trompons pas, Internet nous laisse seul face à un écran. Or cette démarche, si elle est entreprise sérieusement, ne peut l'être entreprise entièrement seul. 

                      Ainsi, parfois si cette enquête est peut-être exaltante, elle se révélera d'autre fois décourageante. Dans le cas de réponses négatives elle deviendra alors complètement déprimante. Même préparé à toutes éventualités, certains adoptés confient qu'on ne l'es jamais face à certaines situations, d'où l'importance d'être accompagné.

                      Cette démarche intime est bonne à partager avec ses proches. Tout en restant une aventure individuelle, il faut arriver à leur donner une place. Cela est important, car cette quête suscite parfois beaucoup d'incompréhension et génère des angoisses, notamment pour les parents adoptifs. 

                      C'est pour cela que nous conseillons à nos lecteurs adoptés d'entrer en contact avec nous, d'autres adoptés sur le forum ou sur le groupe facebook afin de discuter, de recueillir des conseils pour se préparer. Le contact d’autres personnes ayant réalisées ces recherches ou effectuant actuellement ces démarches sera toujours enrichissant, voir l'occasion de créer de belles amitiées. 




                      1.Les recherches sur Internet




                      Grâce à Internet nous avons désormais la possibilité de contacter le monde entier en quelques "clics" et de mener de véritables enquêtes.



                      a.Contact


                      Dans l'article Recherche des origines : démarches (3/3) nous présentons les différentes autorités que vous pouvez contacter, dont notamment le service de l'Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (A.N.P.D.E.A.) auquel vous aurez affaire.


                      b.Enquête


                      Les roumains sont aussi sur Facebook, de sorte qu’on y trouve beaucoup d’homonymes. Il se peut que vous ayez des frères et sœurs biologiques, mais ils ne portent pas forcément le même nom que vous.

                      Vous pouvez envoyer un message à une personne roumaine en utilisant le traducteur Google. (nb : dans l'optique de vos recherches, nous vous conseillons d'apprendre la langue ou quelques rudiments)

                      Quand vous contactez quelqu’un que vous supposez être de votre famille biologique, surtout ne donnez pas d’emblée tous les éléments, de sorte à ce que si la personne répond qu’elle est bien votre mère ou votre frère, de pouvoir le vérifier. 
                      Par exemple vous indiquez la région de naissance et non la ville, si c’est réellement la bonne personne, elle sera en mesure de vous indiquer la ville. Ou alors  vous indiquez le nom et prénom de la mère et seulement le nom du père. La personne devra alors vous dire le prénom du père.


                      Vous pouvez aussi chercher sur les annuaires téléphoniques roumains : http://abonati.ro/


                      Sur Google , il faut toujours pour chaque nom ou série de mots recherchés consulter une dizaine de pages. 

                      Il faut chercher avec toutes les combinaisons possibles de mots par exemple : 
                      -avec le nom et prénom de la mère  et la ville de naissance  
                      -avec le nom et prénom de la mère et  avec la région de naissance. (c’est important car souvent ils déménagent dans une ville voisine) 
                      - avec le nom seul et le lieu de naissance, puis avec la région de naissance
                      - avec le nom prénom du mère et du père si ce dernier est connu
                      - avec votre prénom roumain et votre date de naissance pour le cas où votre famille biologique aurait passé une annonce sur le net.

                      les recherches sur Google il est préférable  les refaire à espace régulier car 1 élément a pu vous échapper précédemment où alors il peut y avoir un nouvel article où figure le nom que vous recherchez.   

                      N’oubliez pas non plus quelques techniques de recherche :

                      - vous pouvez faires les mêmes recherches à partir du moteur de recherche sur les «images».

                      - lorsque vous cherchez un mot clef précis, inscrivez leur entre guillemet :
                      ex: si vous cherchez Luca, et que google vous propose Lucas, inscrivez dans votre barre de recherche : «Luca».

                      - si vous voulez chercher dans un site intéressant à partir du moteur de recherche google : écrivez dans la barre de recherche google le mot " luca " puis écrivez " site: " suivi de l'adresse du site internet en question : 
                      luca site:www.wikipedia.fr



                      2. Vous inscrire sur la liste de ce site 




                      Vous inscrire sur la liste de ce site, permettra déjà à une personne qui vous rechercherait avec votre nom roumain et date de naissance, de vous retrouver grâce aux moteurs de recherches.
                                                                       


                      3.  Créer une page 




                      Vous pouvez également faire une page sur Facebook ouverte au public avec toutes les informations relatives à votre naissance qui pourraient être selon vous des indices, de sorte à ce qu’on puisse aussi vous trouver. 
                      Nous pouvons également consacrer un article dans le blog.




                      4. Pour les adoptés de nationalité Suisse



                      Daria Michel Scotti, psycologue et membre du site Suisse  : www. espace-adoption.ch  nous indique les infos suivantes :
                      Vous pouvez ppublier une annonce sur (http://www.espace-adoption.ch/index.php?master=interieur&publique=&rubrique=6) qui est visité par un grand nombre de personnes en Suisse.

                      Parmi nos différents partenaires, vous pouvez contacter de notre part le Service Social International (http://www.ssiss.ch/fr/recherche_des_origines_et_de_parente), une fondation qui aide aux démarches concrètes et pourra vous orienter, voire même vous assister directement. Le service juridique du SSI pourra aussi vous renseigner sur le cadre légal autorisant de telles recherches. Je ne suis pas sûre de savoir ce qu'il en est à l'heure actuelle.

                      La croix-rouge suisse dispose aussi d'un service d'aide aux recherches: https://www.redcross.ch/fr/organisation/service-de-recherches/la-recherche-de-personnes-disparues

                      Enfin, je vous conseille de prendre éventuellement contact avec l'autorité centrale fédérale en matière d'adoption: https://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/gesellschaft/internationale_adoption.html





                      inconographie : capture d'écran © lesadoptesderoumanie




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