Qui sommes-nous ?

"Les Enfants Adoptés De Roumanie" (L.E.A.D.R.) était une réunion de personnes bénévoles : nés en Roumanie et adoptés par des couples francophones, et des personnes sensibles aux questions de l'adoption internationale en Roumanie. De 2014 à 2015 LEADR a créé des espaces et des outils adressés aux adoptés d'origine roumaine pour faire entendre leur parole et pour contribuer à leurs recherches. Aujourd'hui le collectif a évolué en Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.), association loi 1901, créé en septembre 2015 : www.orphelinsderoumanie.org
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jeudi 14 mai 2015

La recherche des origines en Roumanie (ANPDEA)


Aspects juridiques et pratiques

Colloque du 5 mars 2015



Mme Popa et Mme Curelaru,
cadre administratif et juridique de l'
ANPDEA à Bucarest

Intervention de Mme Nicoleta CURELARU, coordinatrice du département juridique à l’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) qui appartient au Ministère du Travail, de la Famille, de la protection sociale et les personnes âgées roumaines. 

Lors des recherches de ses parents biologiques roumains, l'adopté d'origine roumaine aura affaire à ce service roumain. (cf. notre article sur les démarches).

Voici sa présentation lors du colloque :
"L’adoption aujourd’hui : regards croisés sur les pratiques françaises et roumaines" 
Celui-ci avait lieu le 5 mars 2015 à Brest à l'Institut pour le Travail Éducatif et Social (ITES) dans le cadre des forums de l'ITES.





La recherche des origines


Démarche difficile, la recherche des origines cherche à répondre à des questions dont les réponses s’inscrivent dans un besoin naturel, nécessaire et légitime de se construire afin de définir son identité. Ces démarches débutent à différents âges, mais plus généralement lorsque les personnes adoptées deviennent adultes ou parents, à leur tour.

Qui suis-je, en fait ? A qui je ressemble ?
D’où est-ce que je viens, de quel environnement et de quelle culture ?
Quelle a été la raison pour laquelle j’ai été donné à l'adoption ?

Si répondre à ces questions relève d'une longue démarche pour tout un chacun, cela s'avère, pour les personnes adoptées, un parcours plus compliqué, surtout lorsque cette recherche se confronte à un conflit d’intérêts sur le plan légal. En effet, si les adoptés estiment avoir le droit de connaître leurs origines, de l'autre côté la famille biologique a aussi le droit au respect de leur vie privée, notamment concernant les femmes qui ont abandonné leur enfant. 
Cependant la France et la Roumanie ont signés la Convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale or, cette convention reconnait le besoin de connaitre ses antécédents familiaux dans ses directives de protection des enfants. En effet le second point de l'article 30 fait clairement mention du devoir des Etats signataires à assurer l'accès de l'enfant ou de son représentant aux informations sur ses origines, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père biologiques : 

Article 30  

1. Les autorités compétentes d'un Etat contractant veillent à conserver les informations qu'elles détiennent sur les origines de l'enfant, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père, ainsi que les données sur le passé médical de l'enfant et de sa famille. 

2. Elles assurent l'accès de l'enfant ou de son représentant à ces informations, avec les conseils appropriés, dans la mesure permise par la loi de leur Etat. 


De plus la Convention sur les droits de l’enfant et la Convention Européenne en matière d’adoption d’enfants (révisée), adoptée à Strasbourg en novembre 2008, soulignent le besoin de l’enfant de connaître ses antécédents familiaux.
Les autorités roumaines reconnaissent l’importance de connaître son passé et le droit de l’enfant à connaître ses origines. Ainsi, dans le respect de la Convention, la Roumanie soutient depuis 2007 les personnes adoptées à obtenir des informations sur les membres de leur famille biologique ou à les contacter. L’activité est encadrée par des professionnels dans le domaine de l’adoption, dans le cadre de l’autorité centrale d’adoption, en collaboration avec les autorités locales du pays entier. Les dispositifs actuels cherchent encore à pallier au conflit d'intérêt entre ce "droit à savoir" et ce "droit de confidentialité", mais ils tentent de toujours assurer un équilibre entre les besoins et les droits de chaque partie impliquée : 

"Le service qui fournit les informations concernant le passé personnel des personnes adoptées et d’identification des personnes impliquées dans l’adoption est en développement et ajustement continuel. La question est règlementée par la Loi n° 273/2004 portant sur la procédure de l’adoption, republiée et par les dispositions légales spéciales visant la confidentialité des données à caractère personnel et le respect du droit à la vie privée et de famille".

Depuis 4 ans les demandes de recherche des origines des personnes adoptées ont augmentées. Au cours de la période 2009-2014, les demandes d'information suivaient généralement cet ordre :


    1. Contacter la mère biologique ;
    2. Contacter les parents biologiques;
    3. Contacter la famille biologique;
    4. Contacter les frères biologiques ;
    5. Contacter l’assistant maternel professionnel;
    6. Contacter les frères biologiques adoptés ;
    7. Contacter le père biologique;
    8. Visite au centre, à la maternité
    9. Infos généraux sur le dossier d’adoption (y inclus médicaux);
    10. Identité des parents biologiques;



                      Pourcentage des demandes faites par les adoptés selon l’objectif de leur démarche



                      Dans l'autre sens, les familles biologiques font aussi des demandes afin d'avoir des informations sur les enfants qui ont été adoptés. Ces requêtes consistent généralement à demander si l'adoption a été nationale ou internationale. Les autorités roumaines constatent à travers les demandes des différentes parties que la personne adoptée veut retrouver sa mère biologique alors que les demandes qui émanent des familles biologiques proviennent plus généralement des autres membres de la famille (oncle, tante, frère…) comme l'indique ce second graphique réalisé d'après le document donné par Mme CURELARU :



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur


                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption a analysé toutes les demandes reçues, et il en résulte que : 

                      • Le segment représentatif des demandes comprend les personnes adoptées à l’étranger âgées 18 - 28 ans, surtout des personnes nées entre les années 1991 - 2001, dates qui correspondent au augmentations significatives des adoptions internationales.
                      • La plupart des demandes a été adressée directement à l’Agence Nationale de Protection des Droits de l'Enfant et l'Adoption (A.N.P.D.E.A.) par les personnes adoptées à l’étranger ou par un intermédiaire. Cet intermédiaire peut être : des autorités centrales en matière d’adoption internationale de l’Etat d’accueil, des ambassades, des fondations avec attributions dans le domaine de la protection de l’enfant ou de l’adoption, un avocat, la Direction Générale d’Assistance Sociale et Protection de l’Enfant (D.G.A.S.P.C.). (Cf. notre article sur la recherche des origines III)

                      Mme CURELARU cite l'exemple d'une demande en partageant une lettre envoyée par une jeune fille adoptée en 1991 par une famille française. Marie, née en novembre, 1990 est entrée en contact avec le service à l’âge de 21 ans, quand elle est elle-même devenue mère.



                      Margareta,
                      L’histoire qui nous lie date de 20 ans. C’est après ces nombreuses années que j’essaie de te retrouver. Cette durée a permis que j’ai suffisamment de force pour venir vers toi, peut être connaitre un refus de ta part, ou bien peut être de connaitre des histoires douloureuses. Je pense que pendant toutes ces années, beaucoup de choses se sont passées dans ta vie et que je viens peut être réveiller des souvenirs compliqués. Pour cela, je suis désolée. Néanmoins, j’ai souhaité de puis longtemps revenir vers toi. Avant tout, tu dois savoir que je ne te juge pas pour ce que tu as dû faire. Aujourd’hui ma vie est belle parce que tu m’as donné la chance d’être adoptée et j’ai une famille très bien. On ne m’a jamais caché mon histoire. Maintenant je suis maman, j’aime beaucoup mon fils et j’aime beaucoup les enfants. Je travaille pour une institution pour des enfants en difficulté.
                      J’aimerais beaucoup en savoir un peu de plus. Principalement sur toi : Quel visage as-tu ? Est-ce que tu as fondé ta famille ?
                      Je n’ai pas de frère ou de soeur. Peut-être j’ai des demi-frères ou demi-soeur en Roumanie ? Ensuite, je me pose la question de « pourquoi » ? Pourquoi est-ce que tu as dû me confier à la crèche ? Mais cette question te rappelle surement des choses très compliquées. Un jour peut-être tu accepteras de m’en parler.
                      Tu peux me répondre en écrivant si tu le souhaites. Même si tu ne réponds pas a toutes mes questions. En espérant que la lecture de cette lettre n’était pas trop difficile, j’attends avec impatience ta réponse. Ci-joint tu trouves quelques photos de moi.
                      Marie

                      Apres l’avoir informée sur le désir de sa fille biologique de la contacter et après avoir reçu la lettre de Marie, sa mère biologique a été très émue et elle a consenti à porter une correspondance, puis à rencontrer sa fille. Voici sa réponse :

                      Chère Marie,

                      Je suis très heureuse d’avoir reçu ta lettre.
                      J’ai toujours pensé à toi et le fait que j’ai reçu des nouvelles de toi m’a fait pleurer de joie.
                      Marie, tu es grandie et tu es très belle grâce à tes parents qui t’ont élevé et éduqué avec dévouement.
                      Je te prie de me pardonner si tu peux ; ma situation matérielle est si précaire que tu n’aurais jamais bénéficié d’une si bonne éducation que tu as eu grâce à tes parents adoptifs. A présent, je suis mariée et mon marie connait l’histoire de ton adoption.
                      Je serais très heureuse de te rencontrer, ainsi que tes demi-frères Tibi et Zollti et ta demi-soeur Elisabeta.
                      Je remercie beaucoup tes parents adoptifs pour tout ce qu’ils ont fait pour toi ; que Dieu leur donne santé et joie.
                      Chère Marie, tu ressembles plus à ton père et à ta soeur.
                      Nous sommes heureux de savoir que tu aimes les bébés et les enfants et par cela tu nous as donné une leçon de vie.
                      Voici des photos de nous. Nous te souhaitons santé, joie et que tu sois très heureuse.

                      Affectueusement,

                      Ta mère


                      Sur 424 demandes formulées par les personnes adoptées à l’international, environ 59% des personnes adoptées à l’étranger ayant formulé de demandes ont été adoptées en France, aux Etats-Unis, à Malte et en l’Allemagne. 



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur



                      103 demandes viennent de France ce qui représente 21% des demandes. Les autorités répondent aux demandent formulées par les enfants adoptés lorsqu’ils sont majeurs. Cependant, des exceptions sont prévues dans la procédure pour les demandes émanant d’une requête médicale.




                      Laura



                      Sources :

                      Document donné par Mme Nicoleta CURELARU et mis en ligne sur le site de ITES "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :
                      http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) correspond en roumain à Autoritatea Națională pentru Protecția Drepturilor Copilului și Adopție (ANPCA). Page correspondante en roumain ou anglais : http://www.copii.ro/activitate/adoptie/adoptie-internationala/

                      Compte rendu du colloque mis en ligne sur le site de Enfance et Famille d'adoption Finistère : http://efa29.jimdo.com/statistiques-et-rapports/

                      Texte de la Convention de la Haye disponible sur le site officiel.

                      Page du site du l'ONG internationale de parrainage d'enfants Humanium consacré à la Convention Internationale des Droits de l'Enfanthttp://www.humanium.org/fr/convention/

                      Convention européenne en matière d'adoption des enfants (révisée) :
                      http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/202.htm

                      La jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (C.E.D.H.) représente une aide importante pour les praticiens dans l’approche des demandes de connaissance des origines. Mme Nicoleta Curelaru donne l'exemple de l’affaire GODELLI c. Italie de septembre 2012 qui a permis de préciser la notion d'identité et de vie privée :

                      "La demandeuse, née en l’an 1943, a été abandonnée lors de sa naissance par sa mère naturelle. Ultérieurement elle a été institutionnalisée et adoptée par une famille de citoyens italiens en l’an 1949. A l’âge de 10 ans, après avoir découvert qu’elle avait été adoptée, elle a demandé à ses parents adoptifs des renseignements sur sa famille naturelle, mais elle n’a reçu aucune réponse. La demandeuse soupçonnait qu’une jeune fille de son village, née le même jour, aussi adoptée, était sa soeur jumelle. Les parents adoptifs des deux jeunes filles leur ont interdit toute interaction.En l’an 2006, elle a demandé des renseignements à cet égard, en s’adressant aux autorités italiennes. On lui a mis à disposition le certificat de naissance mais il n’indiquait pas le nom de sa mère biologique, parce qu’elle n’avait pas consenti à dévoiler son identité. La même année, la cour italienne compétente a rejeté la demande de madame Godelli d’avoir accès à ses origines, en argumentant qu’au moment de sa naissance, la mère biologique n’avait pas été d’accord pour dévoiler son identité.
                      Dans cette affaire, la C.E.D.H. a estimé que s’est produit une transgression de l’article 8 de la Convention. Ainsi, le droit de connaître sa propre identité biologique a été clarifiée comme une composante de la notion de la vie privée."

                      Pour plus d'informations sur l'Affaire GODELLI c. Italie, voici le lien sur le site HUDOC de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : http://hudoc.echr.coe.int/sites/fra/pages/search.aspx?i=001-113332#{"itemid":["001-113332"]}



                      Iconographie :

                      Auteur [inconnu] : http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      Graphiques réalisés à partir de "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :  http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      L’adoption aujourd’hui



                      Regards croisés sur les pratiques françaises et roumaines

                      Colloque du 5 mars 2015



                      Délégation française et Roumaine devant ITES en mars 2015


                      Le 5 mars 2015 avait lieu à Brest à l'Institut pour le Travail Éducatif et Social (ITES) dans le cadre des forums de l'ITES le colloque "L’adoption aujourd’hui : regards croisés sur les pratiques françaises et roumaines" en présence de nombreux professionnels français et roumain de l'adoption. Celui-ci avait pour objectif de pointer les progrès historiques réalisés dans chacun des deux pays, mais aussi de mettre en évidence les questions émergentes afin de mettre en perspective les projets.  

                      Intervenants Roumains :


                      • Dana MOLDOVAN, représentante du président de l’Autorité nationale pour la protection des droits de l’enfant et de l’adoption
                      • Petre DINICA, Directeur Général de l’assistance sociale et de la protection de l’enfance du Judetz de Constanta
                      • Nicoleta CURELARU, coordinatrice du département juridique à l’Autorité nationale pour la protection des Droits de l’enfant et l’Adoption, Bucarest 
                      • Tatiana POPA, coordinatrice du département d’adoptions à l’Autorité nationale pour la protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption, Bucarest 
                      • Mihaela RISTEA, Directrice adjointe de la direction générale de l’assistance sociale et de la protection de l’enfance, Judetz de Constanta 
                      • Roxana ONEA, Responsable de l’évaluation des enfants avec handicap – DGASPC Constanta

                      Intervenants français :


                      • Marc LABBEY, Vice président du Conseil Général du Finistère, Président de la commission enfance-jeunesse- famille. 
                      • Yves DENECHERE, Professeur d’histoire contemporaine, Université d’Angers en Visio conférence.
                      • Anne FREMY, Responsable de l’unité d’adoption au Conseil général du Finistère 
                      • Olivier BOURGES, Chargé de l’adoption internationale au Conseil général du Finistère 
                      • Denise CARIOU, assistante de service social 
                      • Maryvonne DAGORN, assistante de service social Catherine HAGUET, Psychologue adoption
                      • Clotilde NICOLAS, recueillante 
                      • Lydie GERVAIS, Puéricultrice 
                      • Béatrice MEAR, Educatrice spécialisée 
                      • Catherine HAGUET, Psychologue adoption

                      Journée animée par Gilles ALLIERES


                      Programme



                      Introduction : ouverture de la journée avec M. Marc LABBEY, Mme Gabriela COMAN

                      I. L’adoption en Roumanie et en France : Définitions et grandes évolutions historiques


                      M. Petre DINICĂ

                      M. Yves DENECHERE (Intervention en visioconférence)

                      II. Le cadre juridique et administratif de l’adoption en Roumanie : Les types d’adoption, les critères d’adoptabilité, les conditions de l’agrément des candidats à l’adoption


                      Mme Mihaela RISTEA

                      Mme Nicoleta CURELARU : Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie

                      Cf. notre article : La recherche des origines en Roumanie (ANPDEA)

                      Mme Tatiana POPA : Aspects juridiques de l’adoption internationale des enfants roumains

                      III. Le cadre juridique et administratif de l’adoption en France : L’instruction des demandes d’agrément, l’adoption plénière - l’adoption simple


                      M. Olivier BOURGES, Mme Anne FREMY, Denise CARIOU, 
                      Maryvonne DAGORN, Catherine HAGUET.

                      IV. L’adoption des pupilles de l’état : du recueil à l’adoption


                      Mme Anne FREMY, Clotilde NICOLAS, Lydie GERVAIS, 
                      Béatrice MEAR, Catherine HAGUET.

                      V. L’adoption internationale : le contexte et les grandes tendances


                      M. Olivier BOURGES

                      VI. La mise en oeuvre concrète de l’adoption en Roumanie


                      Mme Afrodita PRIMARU

                      Clôture de la journée par M. Petre DINICĂ




                       Programme du colloque
                      Document pdf consultable avec Adobe Reader 





                      Sources :

                      Résumé et nombreux documents powerpoint des intervenants : http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      Texte de la Convention de la Haye disponible sur le site officiel.

                      Iconographie :
                      Auteur [inconnu] : http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui
                      Documents conçus et réalisés par Carole Ascoët - ITES

                      mercredi 23 avril 2014

                      Recherche des origines : à partir d'Internet ! (1/3)



                      Né en Roumanie : comment retrouver ses parents biologiques ?

                                                                                                                                                         







                      La volonté de connaître ses origines est un besoin légitime qui généralement nous tenaille secrètement depuis l’enfance et qui, tant qu’on reste avec cette interrogation, jamais ne s’estompe. On est toujours pris entre ce désir de savoir et la crainte d’être déçu. L’expérience de ceux qui ont retrouvé  leur  mère ou famille d’origine tend à indiquer que ce n’est pas tant de savoir comment seront ou comment se comporteront  nos géniteurs qui est libérateur, que de pouvoir tout simplement  mettre un visage, une  voix, une histoire  à la place d’un grand vide généalogique.



                      Nouvelle Pythie, quelle personne aujourd'hui en recherche de ses origines n'aura pas déjà essayé de demander à Google ? 

                      Or, avec la fréquence d'utilisation des réseaux sociaux, le succès de ces démarches est grandissant. Ainsi, il se peut qu'on ait des réponses, mais est-ce seulement cela qu'on cherche ?



                      Avec  

                      • son nom/prénom roumain,
                      • ses dates et lieux de naissance,
                      • le nom de sa mère biologique, 
                      • son année et lieu d’adoption,

                      On a les éléments pour envisager des recherches.  

                      Entamer des recherches concernant ses origines est une véritable enquête qui, selon les cas, peut être plus ou moins longue, voir même ne pas aboutir. 
                      Il arrive parfois qu’on pense être sur la bonne piste mais qui, au final, ne s’avère pas être la bonne. Quelque soit leurs aboutissements, ces recherches sont toujours l’occasion de faire des rencontres inattendues et riches ! Mais ne nous y trompons pas, Internet nous laisse seul face à un écran. Or cette démarche, si elle est entreprise sérieusement, ne peut l'être entreprise entièrement seul. 

                      Ainsi, parfois si cette enquête est peut-être exaltante, elle se révélera d'autre fois décourageante. Dans le cas de réponses négatives elle deviendra alors complètement déprimante. Même préparé à toutes éventualités, certains adoptés confient qu'on ne l'es jamais face à certaines situations, d'où l'importance d'être accompagné.

                      Cette démarche intime est bonne à partager avec ses proches. Tout en restant une aventure individuelle, il faut arriver à leur donner une place. Cela est important, car cette quête suscite parfois beaucoup d'incompréhension et génère des angoisses, notamment pour les parents adoptifs. 

                      C'est pour cela que nous conseillons à nos lecteurs adoptés d'entrer en contact avec nous, d'autres adoptés sur le forum ou sur le groupe facebook afin de discuter, de recueillir des conseils pour se préparer. Le contact d’autres personnes ayant réalisées ces recherches ou effectuant actuellement ces démarches sera toujours enrichissant, voir l'occasion de créer de belles amitiées. 




                      1.Les recherches sur Internet




                      Grâce à Internet nous avons désormais la possibilité de contacter le monde entier en quelques "clics" et de mener de véritables enquêtes.



                      a.Contact


                      Dans l'article Recherche des origines : démarches (3/3) nous présentons les différentes autorités que vous pouvez contacter, dont notamment le service de l'Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (A.N.P.D.E.A.) auquel vous aurez affaire.


                      b.Enquête


                      Les roumains sont aussi sur Facebook, de sorte qu’on y trouve beaucoup d’homonymes. Il se peut que vous ayez des frères et sœurs biologiques, mais ils ne portent pas forcément le même nom que vous.

                      Vous pouvez envoyer un message à une personne roumaine en utilisant le traducteur Google. (nb : dans l'optique de vos recherches, nous vous conseillons d'apprendre la langue ou quelques rudiments)

                      Quand vous contactez quelqu’un que vous supposez être de votre famille biologique, surtout ne donnez pas d’emblée tous les éléments, de sorte à ce que si la personne répond qu’elle est bien votre mère ou votre frère, de pouvoir le vérifier. 
                      Par exemple vous indiquez la région de naissance et non la ville, si c’est réellement la bonne personne, elle sera en mesure de vous indiquer la ville. Ou alors  vous indiquez le nom et prénom de la mère et seulement le nom du père. La personne devra alors vous dire le prénom du père.


                      Vous pouvez aussi chercher sur les annuaires téléphoniques roumains : http://abonati.ro/


                      Sur Google , il faut toujours pour chaque nom ou série de mots recherchés consulter une dizaine de pages. 

                      Il faut chercher avec toutes les combinaisons possibles de mots par exemple : 
                      -avec le nom et prénom de la mère  et la ville de naissance  
                      -avec le nom et prénom de la mère et  avec la région de naissance. (c’est important car souvent ils déménagent dans une ville voisine) 
                      - avec le nom seul et le lieu de naissance, puis avec la région de naissance
                      - avec le nom prénom du mère et du père si ce dernier est connu
                      - avec votre prénom roumain et votre date de naissance pour le cas où votre famille biologique aurait passé une annonce sur le net.

                      les recherches sur Google il est préférable  les refaire à espace régulier car 1 élément a pu vous échapper précédemment où alors il peut y avoir un nouvel article où figure le nom que vous recherchez.   

                      N’oubliez pas non plus quelques techniques de recherche :

                      - vous pouvez faires les mêmes recherches à partir du moteur de recherche sur les «images».

                      - lorsque vous cherchez un mot clef précis, inscrivez leur entre guillemet :
                      ex: si vous cherchez Luca, et que google vous propose Lucas, inscrivez dans votre barre de recherche : «Luca».

                      - si vous voulez chercher dans un site intéressant à partir du moteur de recherche google : écrivez dans la barre de recherche google le mot " luca " puis écrivez " site: " suivi de l'adresse du site internet en question : 
                      luca site:www.wikipedia.fr



                      2. Vous inscrire sur la liste de ce site 




                      Vous inscrire sur la liste de ce site, permettra déjà à une personne qui vous rechercherait avec votre nom roumain et date de naissance, de vous retrouver grâce aux moteurs de recherches.
                                                                       


                      3.  Créer une page 




                      Vous pouvez également faire une page sur Facebook ouverte au public avec toutes les informations relatives à votre naissance qui pourraient être selon vous des indices, de sorte à ce qu’on puisse aussi vous trouver. 
                      Nous pouvons également consacrer un article dans le blog.




                      4. Pour les adoptés de nationalité Suisse



                      Daria Michel Scotti, psycologue et membre du site Suisse  : www. espace-adoption.ch  nous indique les infos suivantes :
                      Vous pouvez ppublier une annonce sur (http://www.espace-adoption.ch/index.php?master=interieur&publique=&rubrique=6) qui est visité par un grand nombre de personnes en Suisse.

                      Parmi nos différents partenaires, vous pouvez contacter de notre part le Service Social International (http://www.ssiss.ch/fr/recherche_des_origines_et_de_parente), une fondation qui aide aux démarches concrètes et pourra vous orienter, voire même vous assister directement. Le service juridique du SSI pourra aussi vous renseigner sur le cadre légal autorisant de telles recherches. Je ne suis pas sûre de savoir ce qu'il en est à l'heure actuelle.

                      La croix-rouge suisse dispose aussi d'un service d'aide aux recherches: https://www.redcross.ch/fr/organisation/service-de-recherches/la-recherche-de-personnes-disparues

                      Enfin, je vous conseille de prendre éventuellement contact avec l'autorité centrale fédérale en matière d'adoption: https://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/gesellschaft/internationale_adoption.html





                      inconographie : capture d'écran © lesadoptesderoumanie




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                      Recherche des origines : démarches (3/3)

                      Né en Roumanie : comment retrouver ses parents biologiques ?
                                                                                                                                                                   





                        6ème  démarche possible : écrire !



                      Si on pouvait écrire avant à l'Office Roumain d'Adoption (O.R.A.), depuis 2014 a été créé l'Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (A.N.P.D.E.A.). Ce service reçoit la plupart des demandes provenant des personnes adoptées à l'étranger concernant leurs familles biologiques. 




                      Autorité nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption 
                      (Ministère du Travail, de la Famille, de la Protection sociale et des Personnes âgées) 
                      The National Authority for Child Rights Protection and Adoption (N.A.C.R.P.A.)

                      Bulevardul Général Gheorghe Magheru 
                      nr. 7, etaj 1, Sector 1, 
                      Bucuresti, Cod postal 010322 
                      ROUMANIE 
                      Tél :+4 021-315.36.33, 021-315.36.30, 021-310.07.89, 021-310.07.90 
                      Fax : + 4 021 312 74 74 


                      website : www.copii.ro


                      source
                      (mise à jour 03-10-2015)


                      On peut également s'adresser à des intermédiaires :


                      • Autorités centrales en matière d’adoption internationale de l’Etat d’accueil, dans le cas présent la France : 


                      Mission de l’Adoption Internationale (MAI) 
                      57, boulevard des Invalides - 75007 Paris 
                      Tel : 00.33.1.53.69.31.72 – 
                      Fax : 00.33.1.53.69.33.64 
                      courrier.fae-sai@diplomatie.gouv.fr


                      • des ambassades, par exemple :



                      Ambassade et Consulat français en Roumanie
                      Ambassade de France en Roumanie

                      13-15 Strada Biserica Amzei
                      Secteur 1010392 Bucarest
                      Tél : +40 21 303 10 00
                      Fax : + 40 21 303 10 90
                      chancellerie.bucarest-amba@diplomatie.gouv.fr
                      Tél d’urgence : +40 213 031 022
                      http://www.ambafrance-ro.org

                      Section consulaire de l’Ambassade de France à Bucarest
                      13-15 Strada Biserica Amzei
                      Secteur 110392 Bucarest
                      Tél : +40 21 303 10 00
                      Fax : +40 21 303 10 78
                      consulat.bucarest-amba@diplomatie.gouv.frhttp://www.ambafrance-ro.org/



                      Ambassades et Consulats roumains en France


                      Paris | Ambassade de RoumanieFonctions consulaires assurées par l’Ambassade
                      5, rue de l’Exposition
                      75343 Paris Cedex 07
                      Tél : 01.47.05.10.46/18.70
                      Fonctions consulaires :
                      01.47.05.27.55/29.66
                      sconsulara@amb-roumanie.fr
                      http://paris.mae.ro

                      Bordeaux | Consulat Honoraire de RoumanieEspace consulaire 2, place de la Bourse
                      33076 Bordeaux Cédex
                      05.56.79.44.44

                      Brest | Consulat Honoraire de Roumanie1, rue de l’Harteloire
                      29200 Brest
                      06.65.21.66.05
                      sorin.moga@consulionorifici.ro
                      http://www.consulionorifici.ro/brest/

                      Lyon | Consulat Général de Roumanie29, rue Bonnel
                      69003 Lyon
                      04.78.60.70.77
                      consulat.lyonro@orange.fr

                      Marseille | Consulat Général de Roumanie157, boulevard Michelet
                      13009 Marseille
                      04.91.22.17.41/34
                      crmars@fr.oleane.com

                      Nice | Consulat Honoraire de Roumanie209, Avenue Sainte Marguerite
                      06200 Nice
                      06.09.58.63.44
                      de.fay@sawas-nice.com


                      • des fondations avec attributions dans le domaine de la protection de l’enfant ou de l’adoption,


                      • un avocat, 


                      • la Direction Générale d’Assistance Sociale et Protection de l’Enfant (D.G.A.S.P.C.) (service roumain)




                      1/ Informations à bien préciser :

                      • Ton nom / prénom roumain, 
                      • celui de ta mère (et père si connu) 
                      • tel qu'il figure sur tes papiers d'adoption 
                      • le nom de tes parents adoptifs 
                      • Ta date de naissance 
                      • Ta date d'adoption 
                      • le lieu où tu es né 
                      • l'orphelinat où tu as été adopté 
                      • dossier n°conseil d'état 


                      2/ Il faut préciser :

                      -          ce que tu fais dans la vie.
                      par exemple : des études financées par tes parents adoptifs ou salarié ce qui te permet de subvenir à tes besoins.(si tu as un justificatif tu peux le joindre mais ce n'est pas obligatoire)

                      -          que tu n'as pas l'intention de troubler d'aucune manière la vie de tes parents biologiques. Que tu voudrais juste les connaître, savoir si tu leur ressemble etc..



                      Tout cela peut prendre plusieurs mois avant de recevoir une réponse. 



                      Vous pouvez aussi lire des exemples de lettres sur notre blog en cliquant sur le libellé "lettre"


                      Iconographie : image extraite du site commons.wikimedia.org, à cette adresse ici


                      (mise à jour mai 2015)


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