Qui sommes-nous ?

"Les Enfants Adoptés De Roumanie" (L.E.A.D.R.) était une réunion de personnes bénévoles : nés en Roumanie et adoptés par des couples francophones, et des personnes sensibles aux questions de l'adoption internationale en Roumanie. De 2014 à 2015 LEADR a créé des espaces et des outils adressés aux adoptés d'origine roumaine pour faire entendre leur parole et pour contribuer à leurs recherches. Aujourd'hui le collectif a évolué en Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.), association loi 1901, créé en septembre 2015 : www.orphelinsderoumanie.org
Affichage des articles dont le libellé est orphelinats Roumains. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est orphelinats Roumains. Afficher tous les articles

mercredi 23 septembre 2015

L'Enfant du Diable




Projection de « L’Enfant du Diable », 

lundi 21 septembre à la Société Civile des Auteurs Multimedia (Paris)




Respectivement : La réalisatrice et l'assistante de production
pour Kanari production. (© L. Giraud)



La soirée commence avec quelques mots émus de la part de la réalisatrice Ursula Wernly Fergui : elle voit pour la première fois sur grand écran ce projet qui a mis 5 ans pour aboutir. Elle se souvient de cette époque où parmi ses amis, certains allaient en Roumanie pour aider les orphelins. Elle découvre le travail photographique d’Elisabeth Blanchet sur ces orphelins sociaux des « maisons d’enfants » à l’époque de la dictature, et qui y est retournée 20 ans plus tard. Loin des images choc de Raymond Depardon prises à la demande de Children Action, ONG de Genève, Elisabeth Blanchet semble quant à elle, à travers ses clichés, rendre véritablement leur dignité à ces petites personnes qui, regard camera, toisent indirectement le spectateur. Elles veulent faire un film, mais ne parviennent pas à mettre en place ce projet.






U. Wernly Fergui., M. Le Roy Dagen et E. Blanchet (© E. Blanchet) 




C'est avec la rencontre de Marion, née en Roumanie et adoptée à 6 ans par un couple français, également touchée par le travail de la photographe que le projet verra enfin le jour. Les premières images du documentaire débutent sur le visage rose de son petit garçon, Pierre. On sait l’orpheline, on voit la jeune mère et sa question : comment peut-on abandonner un enfant ?



Image extraite de L'Enfant du Diable 


De là, on découvre le long cheminement de Marion pour découvrir son passé et les épreuves qu’elle rencontre lors du tournage. On comprend aussi que la réalité est bien plus complexe qu’elle ne l’avait imaginée.



 
Bande-annonce



Très beau documentaire, qui dévoile avec pudeur et dignité l’histoire d’un pays sous dictature communiste, où les enfants étaient au cœur d’une politique nataliste, mais aussi au centre d’intérêts privés malhonnêtes. 


Dans la salle, beaucoup d’émotion au cours de la projection. Les lumières reviennent et les questions sont timides, mais finalement la conclusion se fait autour de Marion : vous avez retrouvez votre mère et votre père, donc finalement tout est pour le mieux ? Oui, mais que faire aujourd’hui avec ça ? Marion, à qui on a volé 6 ans de sa vie et bien plus (elle ne retrouve sa mère qu’à 23 ans et son père à 38) se pose la question : Peut-on rattraper ces années ? Pour elle la réponse est non, maintenant il faut construire, malgré la distance, malgré la barrière de la langue, des relations nouvelles qui ne pourront jamais remplacer les liens d’attachement et d’amour qu’elle a construit avec ses parents « adoptifs ». 


M. Herlea, de la Maison de la Roumanie, dans son intervention tient à apporter une précision : au cours du documentaire, on évoque la culpabilité de Ceausescu, « L’enfant du diable », qui signe les actes d’adoption, mais il souligne que la situation politique générale et l’idéologie communiste n’en sont pas moins responsables.



Invitation pour la projection de l'Enfant du Diable à la Scam


Loin de traiter en profondeur ces questions politiques, le propos de ce documentaire apporte un point de vue nouveau sur la Roumanie d’hier et d’aujourd’hui : on rencontre les personnes vulnérables qui ont été victime de cette époque: les enfants, les filles mères isolées, et les parents adoptifs manipulés. Loin des clichés, les parents adoptants et biologiques ne s’opposent pas et expriment réciproquement leur reconnaissance mutuelle et l’envie de se rencontrer. 


Laura


***



Pour continuer :

Vous pouvez lire l'article sur notre blog consacré au témoignage de Marion :
http://lesadoptesderoumanie.blogspot.fr/search/label/Marion%20%22l%27enfant%20du%20diable%22

Le documentaire est disponible en vod sur Vodeo : http://www.vodeo.tv/documentaire/l-enfant-du-diable.

La page Facebook consacrée au documentaire : "L'Enfant du Diable, le doc"

Pour plus d'informations :

Chaîne youtube du producteur indépendant Kanari Films

L'un des site de l'artiste Elisabeth Blanchet et sa page Facebook

Présentation de la réalisatrice Ursula Wernly Fergui sur le site de la maison de production Kanari Films.


jeudi 17 septembre 2015

Lydia





Fête des 555 ans de Bucarest, 2014.



Je m’appelle Lydia, je suis officiellement née le 25 juillet 1984 à Bucarest ; mais je ne saurai réellement dire quand, ni où, car, d’après ce que m’ont raconté mes parents ainsi que ceux qui s’occupaient de moi à l’époque, des gens m’ont trouvée dans la rue le 04 août 1984 alors que je n’avais que quelques jours. Dans ce genre de situation, l’enfant était apporté à la police qui le mettait dans une institution et c’est l’administration qui se chargeait de donner une identité civile à l’enfant par la suite. J'ai donc passé la première année de mon existence dans l’orphelinat nr1 de Bucarest ("Sfanta Ecaterina") où je n’étais que l’ombre de moi-même.


Cet article a été transféré sur notre nouveau blog

Pour lire la suite cliquez ici



mercredi 7 janvier 2015

Marion, "l'enfant du Diable"

Marion 2014  (copyright E.Blanchet)

« L’enfant du diable » est le titre du film documentaire que Marion Le Roy Dagen,

 une française adoptée en Roumaine, vient de tourner en collaboration avec

la photo-journaliste Elisabeth Blanchet et la réalisatrice Ursula Wernly Fergui.


Cet article a été transféré sur le nouveau blog de l'Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.).

Pour lire la suite de l'article 


En savoir plus :


mercredi 13 août 2014

Florina : j'ai réuni mes parents biologiques et adoptifs !


Les premiers l'ont mise au monde, les seconds l'ont élevée,

Les premiers sont roms, les seconds sont français,

Les premiers l'avaient confiée à un orphelinat et pensaient qu'elle n'avait pas survécu à son handicap,

les seconds ignoraient tout des premiers et  lui ont permis de retrouver l'usage de ses pieds.

Les années ont  passé....

Pour la première fois, les 4 parents de Florina  se sont rencontrés autour de leur fille le 10 Aout 2014.  .


Dans notre précédent article, nous évoquions l'histoire de  Florina et comment elle avait retrouvé   ses parents biologiques. C'était il y a à peine 1 mois. Elle formulait encore un vœux : Qu'un jour ses parents adoptifs et biologiques acceptent de se rencontrer.  Elle nous raconte la suite : 

  " Mes parents adoptifs  appréhendaient ma première rencontre avec mes parents biologiques dans le camp  de Roms où ils vivent  à 250  kilomètres de chez moi. Je leur ai tout raconté de cette journée et finalement je les ai  sentis soulagés. Je crois qu'ils étaient heureux de me voir heureuse et  rassurés quand au fait que cela n'avait rien changé à la place primordiale qu'ils occupaient toujours dans mon cœur. 
Malgré cela,  je n'osais pas leur dire que j'aimerais les réunir tous ensembles. Il me semblait que c'était trop leur demander,  je craignais de les inquiéter ou qu'ils ne me fassent des reproches. 

Voulant revoir ma famille biologique, je les ai invités à venir passer une journée  chez moi. J'ai mon propre logement mais je ne voulais pas les inviter sans que mes parents le sachent. Maman m'a alors glissé qu'elle aimerait   bien aussi les connaître. De mes 4 parents elle était celle qui me semblait la plus difficile à convaincre  et c'est elle qui m'a tendu la  perche!  Merci maman, tu es géniale !  Nous avons convenu, qu'ils viendraient tous deux nous rejoindre pour le dessert. 

Florina entourée de ses 4 parents

Mes parents  roumains ont trouvé des connaissances  possédant un véhicule et qui ont bien voulu  les conduire chez moi.  Seuls mes  2 frères jumeaux ont  pu les accompagner car ma soeur venait de repartir en Roumanie et mon frère de 17 ans avait été désigné pour garder leur abri  de fortune. Dans les campements de roms la promiscuité et la misère obligent à toujours surveiller ses affaires....
Sitôt arrivés, maman n'a pas voulu s’asseoir. Elle avait porté des tomates, des  cornichons et des oignons et   s'est mise spontanément aux fourneaux avec moi. Je dois dire que ça m'a secondé car je me sentais débordée !! 
Sébastien, mon compagnon, étant absent pour 15 jours, j'avais invité  une de mes meilleures amies. Avec mes parents, mes frères, leurs 3 accompagnateurs, nous étions 10 !   L'ambiance était joyeuse et quand mes seconds  parents sont arrivés, malgré l'émotion,   le courant  est aussitôt bien passé. 

Florina, ses 2 papas, ses frères et sa maman roumaine 
Maman avait porté un gros gâteau et aussi tous les albums photos de quand j'étais plus jeune. C'était les pages manquantes à la vie de mes parents biologiques. Des pages qu'ils n'auraient jamais pu remplir ainsi.  

   
Mes parents roumains ont remerciés mes parents adoptifs  pour tout ce qu'ils avaient fait pour moi. 
Maman a répondu qu'elle les remerciait de m'avoir donné à l'orphelinat car avec l'handicap que j'avais, peut-être que d'autres dans la même situation, m'auraient supprimée à la naissance. 

Mon père biologique semblait particulièrement ému, il a répété plusieurs fois à mes parents adoptifs "Prenez soin de Florina, prenez soin de Florina , Merci mon Dieu ! " Et j'ai vu des larmes couler sur ses joues. 

Mon frère, qui était resté garder leur cabanon,  nous a téléphoné plusieurs fois tant il s'ennuyait tout seul loin de nous. 

En fin de journée nous avons tous joué   à la pétanque dans le jardin ! 

Quand l'heure est venue de repartir, mes 4 parents se sont embrassés.  

C'était une journée merveilleuse. J'ai beaucoup de chance d'avoir 4 parents qui ont tous l'intelligence du cœur. 

Florina et ses jeunes frères jumeaux  




Propos recueillis par Nadine Delpech 
pour le site : Les adoptés de Roumanie



vendredi 25 avril 2014

Izidor Ruckel











L’adopté irrécupérable prouve qu’il ne faut jamais désespérer










"Given Our Chance wins a platinum award at the worldfest . What an opportunity it was for all of us that were recognized for the hard work. – avec Alex King, à Crowne Plaza Hotel Houston - Medical Center." 











Isidore Ruckel vient d’obtenir les Remi awards de Platine 2014 pour son film Given our Chance Alex King Productions (1)

Adopté tardivement dans un orphelinat roumain pour enfants « irrécupérables », son parcours démontre sa fabuleuse capacité de résilience.
En 1980, sous le régime de  Ceaucescu, Isidore alors âgé de 6 mois,  contracte la polio. Une maladie contagieuse qui génère  de graves infirmités. Ses parents misérables n’ont pas vu d’autres solutions que de l’abandonner.
C’est ainsi qu’il se retrouve à l’orphelinat de Sighet, un des pires qui soit, là où l’on cachait plus d’une centaine  d’enfants handicapés, les « irrécupérables ».  
Animé d’un fabuleux instinct de vie, il attire l’attention  d’une nourrice de l’orphelinat qui le    prend  en affection.
 «Elle se souciait de moi comme si elle était ma mère,» dit-il. « Elle était probablement la personne la plus aimante et la plus gentille que j’ai rencontré »
   
Mais le sort s’acharne. Alors qu’il avait 5 ou 6 ans, cette employée à laquelle il s’était attaché  s’électrocute à l’orphelinat  en voulant chauffer l’eau du bain des enfants.  Isidore n’a alors plus eu personne pour le protéger des coups, de graves négligences et de  l’ennui des jours.
Considérés comme un troupeau de d’animaux, privés de toute  base élémentaire d’éducation, les enfants sont livrés à leurs instincts primaires. « A l’orphelinat il n’y avait pas de règles ni de droit, tout était permis » « Quand un comportement gênait un employé, même pour une broutille, il nous administrait de forts sédatifs, ou   nous battait, ou encore   nous attachait dans une camisole de force » 
La plus part des autres enfants ayant des handicaps plus graves que ceux d’Isidore, en grandissant  cela lui donnait un  certain  ascendant  sur les autres.
«Vous ne savez pas la différence entre le bien et le mal quand vous ne l’avez   jamais appris. J’ai été désigné responsable d’un groupe d’enfants et je les traitais de la façon dont le personnel nous traitait :  S’ils ne m’écoutaient pas, je les battais »
En 1989 une équipe de télévision américaine vient filmer cet orphelinat sordide. Le monde entier découvre  des dizaines d’enfants, le crâne rasé, accroupis, nus, dans des flaques d’urine. D’autres sont attachés à des radiateurs. Beaucoup se balancent d’avant en arrière, certains se frappent la tête contre les murs. Et Isidore, avec son beau visage et ses yeux vifs,   qui marche jusqu’à eux en trainant sa jambe et  qui s’accrochent à leurs vêtements.
En 1991, son destin bascule. Il est adopté par une famille américaine. Il a alors déjà 11 ans.





Izidor Ruckel, agé de 11 ans, avec son père adoptif Danny Ruckel à San Diego, Californie.


© Tom Szalay

Au début, tout ce passe bien. Isidore bénéficie d’une opération qui lui permet, avec une prothèse de marcher normalement.
Mais à l’adolescence, sa sensibilité à fleur de peau, il est débordé par  les émotions  qui le submergent. Une situation que les parents ne sont pas préparés à gérer et qui devient de plus  en de plus en plus en conflictuelle. «Ce n’était pas de leur faute. Pendant 11 ans je n’avais fonctionné qu’aux claques et aux tannées. Je ne savais obéir que de cette manière qui n’était pas pratiquée ici. Alors quand  on me montrait de la bonté, de l’amour, de la compassion, ça me mettait encore plus en colère. »
«Je me sentais en colère à un point où je pouvais sentir mon cœur défaillir, je ne voyais plus que du noir !»  «Et en même temps, j’ai été élevé dans une famille chrétienne. Je me demandais toujours, si je n’étais pas  un enfant de l’enfer? Qu’est-ce qui n’allait pas avec moi?»

L’entente avec ses parents se dégrade jusqu’au point de rupture. A ses 17 ans, il doit quitter de la maison.
Isidor va alors rester plusieurs années sans aucun contact avec eux.

Ceci jusqu’au jour où il apprend que sa famille vient d’être été victime d’un  grave accident de voiture. Il réalise alors  qu’il ne peut pas les laisser tout seul  et se rend  à l’hôpital.
«C’était vraiment dur de revenir vers eux mais j’avais  tellement besoin d’être auprès d’eux dans ces moments, de savoir s’ils étaient OK» dit-il. «J’avais peur de leur réaction car j’imaginais qu’ils ne pourraient pas me pardonner pour tout ce que je leur avais fait subir»
Mais ses parents lui ont tout pardonné. Depuis lors, ils sont devenus très proches.

Isidore Ruckel a maintenant 34 ans et vit à Denver. Après avoir écrit Abandoned for life un livre sur ses expériences (2), et produit un premier film documentaire sur les orphelins roumains adoptées. Il vient  de terminer  en collaboration avec un autre adopté roumain, Alex King, un deuxième film documentaire Given our chance (1) sur ce que sont devenus les orphelins restés en Roumanie.






«Je suis devenu un défenseur des autres orphelins»
dit Isidore qui en a fait son combat. 

« Et je crois que tout ça a à voir avec mes parents 
parce que j’ai compris ce qu’est l’amour, 
ce qu’est la compassion 
et tout ce que l’affection peut faire »





 D’aprés Tara Bhrantur, Washingtoonpst 30/01/2014
.                                                                                                                                               http://www.washingtonpost.com/sf/style/2014/01/30/a-lost-boy-finds-his-calling/
(1)- http://www.akingproduction.com/
(1)- http://www.pr.com/press-release/553069
http://eraonline.org.uk/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
https://bothendsburning.org/
http://childreninfamiliesfirst.org/
(2)-  livre «Abandoned for life»  http://www.abandonedforlife.com/buy-the-book.html


Iconographie :
Capture d'image de la bande annonce du film documentaire Given our chance réalisé par Izidor Ruckel, produit par Alex King, 55min, 2013, USA  [en ligne]
Alex King et Izidor Ruckel lors de la réception d'un Remi award à Worldfest, source page facebook de Izidor Ruckel ici
Photo extrait de l’article de Jon Hamilton, Orphans’ Lonely Beginnings Reveal How Parents Shape A Child’s Brain, February 24, 2014, Nrp.org [en ligne

couverture du livre "Abandoned for life" de Izidor Ruckel sur le site de l'auteur.