Qui sommes-nous ?

"Les Enfants Adoptés De Roumanie" (L.E.A.D.R.) était une réunion de personnes bénévoles : nés en Roumanie et adoptés par des couples francophones, et des personnes sensibles aux questions de l'adoption internationale en Roumanie. De 2014 à 2015 LEADR a créé des espaces et des outils adressés aux adoptés d'origine roumaine pour faire entendre leur parole et pour contribuer à leurs recherches. Aujourd'hui le collectif a évolué en Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.), association loi 1901, créé en septembre 2015 : www.orphelinsderoumanie.org
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samedi 10 octobre 2015

Lettre à mes parents



Bonjour maman et papa


J'ai vraiment de la chance de vous avoir comme parents, et je ne l'ai jamais dit.
Le jour où je vous ai croisé dans ces couloirs de Bucarest a été une bénédiction sur moi !!!
Vous m'avez apporté tout ce dont un enfant peut souhaiter et rêver !


Bucarest, Mars 1984.


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mercredi 23 septembre 2015

L'Enfant du Diable




Projection de « L’Enfant du Diable », 

lundi 21 septembre à la Société Civile des Auteurs Multimedia (Paris)




Respectivement : La réalisatrice et l'assistante de production
pour Kanari production. (© L. Giraud)



La soirée commence avec quelques mots émus de la part de la réalisatrice Ursula Wernly Fergui : elle voit pour la première fois sur grand écran ce projet qui a mis 5 ans pour aboutir. Elle se souvient de cette époque où parmi ses amis, certains allaient en Roumanie pour aider les orphelins. Elle découvre le travail photographique d’Elisabeth Blanchet sur ces orphelins sociaux des « maisons d’enfants » à l’époque de la dictature, et qui y est retournée 20 ans plus tard. Loin des images choc de Raymond Depardon prises à la demande de Children Action, ONG de Genève, Elisabeth Blanchet semble quant à elle, à travers ses clichés, rendre véritablement leur dignité à ces petites personnes qui, regard camera, toisent indirectement le spectateur. Elles veulent faire un film, mais ne parviennent pas à mettre en place ce projet.






U. Wernly Fergui., M. Le Roy Dagen et E. Blanchet (© E. Blanchet) 




C'est avec la rencontre de Marion, née en Roumanie et adoptée à 6 ans par un couple français, également touchée par le travail de la photographe que le projet verra enfin le jour. Les premières images du documentaire débutent sur le visage rose de son petit garçon, Pierre. On sait l’orpheline, on voit la jeune mère et sa question : comment peut-on abandonner un enfant ?



Image extraite de L'Enfant du Diable 


De là, on découvre le long cheminement de Marion pour découvrir son passé et les épreuves qu’elle rencontre lors du tournage. On comprend aussi que la réalité est bien plus complexe qu’elle ne l’avait imaginée.



 
Bande-annonce



Très beau documentaire, qui dévoile avec pudeur et dignité l’histoire d’un pays sous dictature communiste, où les enfants étaient au cœur d’une politique nataliste, mais aussi au centre d’intérêts privés malhonnêtes. 


Dans la salle, beaucoup d’émotion au cours de la projection. Les lumières reviennent et les questions sont timides, mais finalement la conclusion se fait autour de Marion : vous avez retrouvez votre mère et votre père, donc finalement tout est pour le mieux ? Oui, mais que faire aujourd’hui avec ça ? Marion, à qui on a volé 6 ans de sa vie et bien plus (elle ne retrouve sa mère qu’à 23 ans et son père à 38) se pose la question : Peut-on rattraper ces années ? Pour elle la réponse est non, maintenant il faut construire, malgré la distance, malgré la barrière de la langue, des relations nouvelles qui ne pourront jamais remplacer les liens d’attachement et d’amour qu’elle a construit avec ses parents « adoptifs ». 


M. Herlea, de la Maison de la Roumanie, dans son intervention tient à apporter une précision : au cours du documentaire, on évoque la culpabilité de Ceausescu, « L’enfant du diable », qui signe les actes d’adoption, mais il souligne que la situation politique générale et l’idéologie communiste n’en sont pas moins responsables.



Invitation pour la projection de l'Enfant du Diable à la Scam


Loin de traiter en profondeur ces questions politiques, le propos de ce documentaire apporte un point de vue nouveau sur la Roumanie d’hier et d’aujourd’hui : on rencontre les personnes vulnérables qui ont été victime de cette époque: les enfants, les filles mères isolées, et les parents adoptifs manipulés. Loin des clichés, les parents adoptants et biologiques ne s’opposent pas et expriment réciproquement leur reconnaissance mutuelle et l’envie de se rencontrer. 


Laura


***



Pour continuer :

Vous pouvez lire l'article sur notre blog consacré au témoignage de Marion :
http://lesadoptesderoumanie.blogspot.fr/search/label/Marion%20%22l%27enfant%20du%20diable%22

Le documentaire est disponible en vod sur Vodeo : http://www.vodeo.tv/documentaire/l-enfant-du-diable.

La page Facebook consacrée au documentaire : "L'Enfant du Diable, le doc"

Pour plus d'informations :

Chaîne youtube du producteur indépendant Kanari Films

L'un des site de l'artiste Elisabeth Blanchet et sa page Facebook

Présentation de la réalisatrice Ursula Wernly Fergui sur le site de la maison de production Kanari Films.


mercredi 7 janvier 2015

Marion, "l'enfant du Diable"

Marion 2014  (copyright E.Blanchet)

« L’enfant du diable » est le titre du film documentaire que Marion Le Roy Dagen,

 une française adoptée en Roumaine, vient de tourner en collaboration avec

la photo-journaliste Elisabeth Blanchet et la réalisatrice Ursula Wernly Fergui.


Cet article a été transféré sur le nouveau blog de l'Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.).

Pour lire la suite de l'article 


En savoir plus :


jeudi 26 juin 2014

FLORIN NICA : "Quand les étrangers venaient, on nous alignait tous devant eux, on leur disait "choisissez" et ils en prenaient un."



extrait d''un tableau 21013 de Florin Nica

Florin interviewé par 2 journalistes  


le 17 juin 2014 dans la grande Bibliothèque de la ville de Targoviste se tenait l'inauguration de l'exposition de tableaux de  Florin Nica.  Le potentiel de ce jeune  artiste, en complet décalage avec son vécu "d'orphelin"  a attiré un public nombreux et différents médias. Doîna Banescu, professeur de philosophie à déclaré : "Il est des êtres comme Florin Nica qui ont quelque chose de plus que nous, une grâce qui vient de l'âme"  
Doîna Banescu, David Anca, Florin Nica, Mihai Serbanescu et le directeur de la Bibliothèque Targoviste


 Florin est né en Septembre 1983 dans une famille Rom abîmée par une vie de misère. Il avait 2 ans quand son père a été envoyé en prison pour de longues années. La mère trop fragile, le confie alors a l'orphelinat. 

Il a grandi  à l'orphelinat jusqu'à sa majorité et m'a confié quelques souvenirs :

"En 1991 des couples d'étrangers ont commencé à venir  à l'orphelinat. J'avais 8 ans. Les nourrices nous alignaient tous côte à côte  puis elles disaient  aux étrangers "Choisissez"  et ils en prenaient un.  Je rêvais qu'on me prenne mais je n'ai jamais été choisi."

"Un   couple Roumain  avait eu la gentillesse  de m'emmener  quelques jours  chez lui pour que je puisse   fêter Noël dans une famille. Cela a été pour moi une expérience merveilleuse et je remercie ces gens de m'avoir fait connaitre ça.  Ils avaient déjà un enfant et  je me doutais bien qu'ils ne pourraient pas m'adopter. Je les ai revus 2 ou 3 fois de façon espacée. Quand j'ai appris que leur fils n'était  pas un enfant biologique, ça m'a fait mal. Pourquoi c'était toujours les autres qu'on adoptait et pas moi? "



Les "orphelins" étaient scolarisés avec les autres enfants de la ville. La première fois que la mère de Florin est venu le voir, c'était à son école  car l'orphelinat se trouvait trop loin pour qu'elle puisse s'y rendre à pieds. 
 "j'avais 6 ans. Elle était venue avec son compagnon  et leur fille, ma demi-sœur. En voyant que  ma famille était Tzigane,  tous les enfants de l'école se sont mis à m'insulter et à se moquer de moi. Cela m'a fait beaucoup de peine."   


"A 8 ans on m'a fait quitter cette  école pour m'envoyer dans  une autre, spécialisée pour  enfants "attardés", généralement  issus d'un milieu social très défavorisés"  


Sa mère est revenue le voir 9 ans plus tard : "j'avais 15 ans. Je l'ai reconnue immédiatement.    Je lui ai reproché de ne pas être venu me voir plus tôt. Ses excuses ne me semblaient pas valables. J'étais  trop jeune et en  colère  pour mesurer combien cette femme était mentalement fragile et aussi détruite par l'alcool. Mon père venait de mourir en prison,  mais elle ne m'a rien dit. Je ne l'ai appris qu'à l'âge 21 ans.    " 


Florin présentait  des prédispositions pour le dessin  et l'orphelinat  a  fait en sorte  qu'il puisse suivre quelques  cours dans une école d'art de la ville. "Le professeur   Mihai Serbanescu à été pour moi, plus qu'un maître, il était comme un père et d'ailleurs parfois le mot m'échappe, je l'appelle "papa". 
Florin Nica et Mihai Serbanescu exposition du 17/06/14
A 18 ans c'est dur de quitter l'orphelinat et de se retrouver seul livré à sois-même.   Mihai Serbanescu, ce grand professeur dont les tableaux ont été exposés dans de nombreux pays a bien voulu continuer  à  me guider pour mes dessins."






Victor Nica et Nadine Delpech  chez Ulysse Anca O6/14
J'ai connu Florin en 2011. Il logeait dans les bâtiments de l'ancien pensionnat du Lycée de la ville.   Le directeur de l'établissement  avait permis  à 5 ou 6  jeunes adultes issus des orphelinats de loger en toute discrétion et gratuitement dans ces locaux inoccupés. Quelques arbustes les séparaient des élèves et professeurs qui ne regardent jamais de ce côté là du terrain. 2 univers si proches et qui s'ignorent.  Florin  avec  son petit Victor âgé alors de 3 ans occupait  2  chambres de 8 ou 9 mètres carré. Ils cuisinaient dehors sur un brasero installé dans le jardin devant la porte. Depuis an, la maman de Victor était partie "tenter sa chance" en Allemagne, les abandonnant tous deux sans plus donner de nouvelles...



Florin,  vivait misérablement mais pour rien au monde il ne se serait séparé de son fils.  Il n'avait pas trouvé d'autre travail que la récupération de bouteilles en plastique   qu'il revendait ensuite au poids à une usine. Habile dessinateur, l'été il améliorait beaucoup son ordinaire en vendant des portraits aux touristes de passage. A Noêl 2011, avec la vente  de ses tableaux, il avait offert un goûter et une petite fête aux enfants pauvres de son quartier. 
Ce qui est frappant c'est la façon remarquable dont ce jeune papa, de santé fragile,  se dévoue pour son petit Victor. Partout où il va, il l'emmène sur ses épaules, se privant parfois de manger  pour que Victor  ne souffre pas de leur condition et puisse avoir des petits jouets et des vêtements toujours corrects. Victor est heureux avec son papa. 
Sa région ne dispose pas d'association d'aide d'urgence or l'hiver dernier fût particulièrement  difficile pour Florin qui n'a pas pu vendre assez de tableaux. Victor venait d'entrer à l'école maternelle  ce qui lui assurait au moins quotidiennement un bon repas   et un goûter. 
Victor Emmanuel Nica 17/06/14
Et puis il y a eu  ce jour de trop où   le petit Victor est sorti de l'école en retirant discrètement  de sa poche quelque-chose qu'il a tendu à son père, lui disant  : "Tiens papa, j'ai fait semblant de manger mon goûter et je l'ai caché dans ma poche. C'est pour toi!  Moi à midi j'ai bien mangé, toi cela fait plusieurs jours que tu n'as plus rien à manger "  Ce geste a bouleversé Florin, l'amenant  à faire fi de son amour-propre pour en appeler à l'aide  d'un journaliste qui avait déjà publié  un article  sur son talent  d'artiste.  
 Dans le journal le journaliste rapporte les propos de Florin : "Je suis un artiste qui  n'arrive ni à vivre de son travail ni à trouver un autre emploi. Est-ce à un petit garçon de 5 ans de nourrir son père ? On vit dans un monde à l'envers.  Est-ce normal que malgré tous ses efforts  un père ne puisse garantir un bon  avenir à mon enfant?  Je ne veux pas qu'on me fasse l’aumône , je demande juste à trouver un travail.

Ce n'est pas un employeur que Florin a trouvé, mais des encouragements venus de toutes parts à commencer par ceux de  son  Maître Mihai Serbanescu. 
 Une famille de 12 enfants, disposant  d'une grande et confortable maison, a spontanément proposé  à Florin et Victor de venir partager leur foyer pendant quelques mois. Ulysse Anca et son épouse  m'ont reçue chez eux et j'ai été impressionnée par tout ce que ce couple et leurs beaux enfants bien élevés dégagent  de positif. Cette famille  exceptionnelle  est d'origine Rom. 
Victor avec Ulysse Anca   

5 mois plus tard, le 17 juin 2014, jour de l'anniversaire de Victor, Florin inaugurait son exposition à la bibliothèque de Targoviste. 



Victor souffle ses 6 bougies le jour choisi par son père pour le   vernissage 









Voir Reportage TV : http://www.columnatv.ro/tv/speranta-unui-artist/









Un tableau réalisé par Victor. les 3 personnages représentent : en premier plan son papa, puis lui-même et derrière, le petit garçon que sa maman a eu il y a 2 ans avec avec son nouveau compagnon.

Florin Nica, Danvid Anca, Nadine Delpech
Victor Emmanuel Nica






Texte  Nadine Delpech pour les adoptés de Roumanie.




lundi 2 juin 2014

L’affaire des « bébés roumains »



Image extrait de Bucarest 1986-1988, poétique d’une histoire.





"L'affaire des bébés roumains" est nommée ainsi par la presse française au début des années quatre-vingt (notamment on retrouve ce titre dans le Quotidien de Paris, du 3 Juin 1983) et rend compte de la situation de blocage des adoptions d'enfants roumains en Roumanie par des adoptants internationaux au cours des années quatre-vingt jusqu'au début des années quatre-vingt dix

Cet article a été transféré sur le nouveau blog de l'Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.).


Pour lire la suite de l'article :


http://orphelinsderoumanie.org/affaire-des-bebes-roumains/



vendredi 25 avril 2014

Izidor Ruckel











L’adopté irrécupérable prouve qu’il ne faut jamais désespérer










"Given Our Chance wins a platinum award at the worldfest . What an opportunity it was for all of us that were recognized for the hard work. – avec Alex King, à Crowne Plaza Hotel Houston - Medical Center." 











Isidore Ruckel vient d’obtenir les Remi awards de Platine 2014 pour son film Given our Chance Alex King Productions (1)

Adopté tardivement dans un orphelinat roumain pour enfants « irrécupérables », son parcours démontre sa fabuleuse capacité de résilience.
En 1980, sous le régime de  Ceaucescu, Isidore alors âgé de 6 mois,  contracte la polio. Une maladie contagieuse qui génère  de graves infirmités. Ses parents misérables n’ont pas vu d’autres solutions que de l’abandonner.
C’est ainsi qu’il se retrouve à l’orphelinat de Sighet, un des pires qui soit, là où l’on cachait plus d’une centaine  d’enfants handicapés, les « irrécupérables ».  
Animé d’un fabuleux instinct de vie, il attire l’attention  d’une nourrice de l’orphelinat qui le    prend  en affection.
 «Elle se souciait de moi comme si elle était ma mère,» dit-il. « Elle était probablement la personne la plus aimante et la plus gentille que j’ai rencontré »
   
Mais le sort s’acharne. Alors qu’il avait 5 ou 6 ans, cette employée à laquelle il s’était attaché  s’électrocute à l’orphelinat  en voulant chauffer l’eau du bain des enfants.  Isidore n’a alors plus eu personne pour le protéger des coups, de graves négligences et de  l’ennui des jours.
Considérés comme un troupeau de d’animaux, privés de toute  base élémentaire d’éducation, les enfants sont livrés à leurs instincts primaires. « A l’orphelinat il n’y avait pas de règles ni de droit, tout était permis » « Quand un comportement gênait un employé, même pour une broutille, il nous administrait de forts sédatifs, ou   nous battait, ou encore   nous attachait dans une camisole de force » 
La plus part des autres enfants ayant des handicaps plus graves que ceux d’Isidore, en grandissant  cela lui donnait un  certain  ascendant  sur les autres.
«Vous ne savez pas la différence entre le bien et le mal quand vous ne l’avez   jamais appris. J’ai été désigné responsable d’un groupe d’enfants et je les traitais de la façon dont le personnel nous traitait :  S’ils ne m’écoutaient pas, je les battais »
En 1989 une équipe de télévision américaine vient filmer cet orphelinat sordide. Le monde entier découvre  des dizaines d’enfants, le crâne rasé, accroupis, nus, dans des flaques d’urine. D’autres sont attachés à des radiateurs. Beaucoup se balancent d’avant en arrière, certains se frappent la tête contre les murs. Et Isidore, avec son beau visage et ses yeux vifs,   qui marche jusqu’à eux en trainant sa jambe et  qui s’accrochent à leurs vêtements.
En 1991, son destin bascule. Il est adopté par une famille américaine. Il a alors déjà 11 ans.





Izidor Ruckel, agé de 11 ans, avec son père adoptif Danny Ruckel à San Diego, Californie.


© Tom Szalay

Au début, tout ce passe bien. Isidore bénéficie d’une opération qui lui permet, avec une prothèse de marcher normalement.
Mais à l’adolescence, sa sensibilité à fleur de peau, il est débordé par  les émotions  qui le submergent. Une situation que les parents ne sont pas préparés à gérer et qui devient de plus  en de plus en plus en conflictuelle. «Ce n’était pas de leur faute. Pendant 11 ans je n’avais fonctionné qu’aux claques et aux tannées. Je ne savais obéir que de cette manière qui n’était pas pratiquée ici. Alors quand  on me montrait de la bonté, de l’amour, de la compassion, ça me mettait encore plus en colère. »
«Je me sentais en colère à un point où je pouvais sentir mon cœur défaillir, je ne voyais plus que du noir !»  «Et en même temps, j’ai été élevé dans une famille chrétienne. Je me demandais toujours, si je n’étais pas  un enfant de l’enfer? Qu’est-ce qui n’allait pas avec moi?»

L’entente avec ses parents se dégrade jusqu’au point de rupture. A ses 17 ans, il doit quitter de la maison.
Isidor va alors rester plusieurs années sans aucun contact avec eux.

Ceci jusqu’au jour où il apprend que sa famille vient d’être été victime d’un  grave accident de voiture. Il réalise alors  qu’il ne peut pas les laisser tout seul  et se rend  à l’hôpital.
«C’était vraiment dur de revenir vers eux mais j’avais  tellement besoin d’être auprès d’eux dans ces moments, de savoir s’ils étaient OK» dit-il. «J’avais peur de leur réaction car j’imaginais qu’ils ne pourraient pas me pardonner pour tout ce que je leur avais fait subir»
Mais ses parents lui ont tout pardonné. Depuis lors, ils sont devenus très proches.

Isidore Ruckel a maintenant 34 ans et vit à Denver. Après avoir écrit Abandoned for life un livre sur ses expériences (2), et produit un premier film documentaire sur les orphelins roumains adoptées. Il vient  de terminer  en collaboration avec un autre adopté roumain, Alex King, un deuxième film documentaire Given our chance (1) sur ce que sont devenus les orphelins restés en Roumanie.






«Je suis devenu un défenseur des autres orphelins»
dit Isidore qui en a fait son combat. 

« Et je crois que tout ça a à voir avec mes parents 
parce que j’ai compris ce qu’est l’amour, 
ce qu’est la compassion 
et tout ce que l’affection peut faire »





 D’aprés Tara Bhrantur, Washingtoonpst 30/01/2014
.                                                                                                                                               http://www.washingtonpost.com/sf/style/2014/01/30/a-lost-boy-finds-his-calling/
(1)- http://www.akingproduction.com/
(1)- http://www.pr.com/press-release/553069
http://eraonline.org.uk/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
https://bothendsburning.org/
http://childreninfamiliesfirst.org/
(2)-  livre «Abandoned for life»  http://www.abandonedforlife.com/buy-the-book.html


Iconographie :
Capture d'image de la bande annonce du film documentaire Given our chance réalisé par Izidor Ruckel, produit par Alex King, 55min, 2013, USA  [en ligne]
Alex King et Izidor Ruckel lors de la réception d'un Remi award à Worldfest, source page facebook de Izidor Ruckel ici
Photo extrait de l’article de Jon Hamilton, Orphans’ Lonely Beginnings Reveal How Parents Shape A Child’s Brain, February 24, 2014, Nrp.org [en ligne

couverture du livre "Abandoned for life" de Izidor Ruckel sur le site de l'auteur.