Qui sommes-nous ?

"Les Enfants Adoptés De Roumanie" (L.E.A.D.R.) était une réunion de personnes bénévoles : nés en Roumanie et adoptés par des couples francophones, et des personnes sensibles aux questions de l'adoption internationale en Roumanie. De 2014 à 2015 LEADR a créé des espaces et des outils adressés aux adoptés d'origine roumaine pour faire entendre leur parole et pour contribuer à leurs recherches. Aujourd'hui le collectif a évolué en Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.), association loi 1901, créé en septembre 2015 : www.orphelinsderoumanie.org
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samedi 15 août 2015

Justine vs Paula




Justine âgée de 6 mois.


Aujourd'hui, l'écriture est sûrement pour moi le meilleur moyen de partager ce que j'ai sur le cœur...

Je m’appelle Justine, mais mon nom d’origine est Paula, je suis née à Bucarest (district 5) et j'ai été adoptée en Roumanie. J’ai 21 ans et je suis étudiante en psychologie. 

Donner son lieu de naissance en se présentant, cela peut paraître banal, mais cela ne l'est pas pour une personne mal à l'aise avec son histoire et avec ses origines. C’était mon cas il y a encore un an ou deux. 


Cet article a été transféré sur notre nouveau blog

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jeudi 14 mai 2015

La recherche des origines en Roumanie (ANPDEA)


Aspects juridiques et pratiques

Colloque du 5 mars 2015



Mme Popa et Mme Curelaru,
cadre administratif et juridique de l'
ANPDEA à Bucarest

Intervention de Mme Nicoleta CURELARU, coordinatrice du département juridique à l’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) qui appartient au Ministère du Travail, de la Famille, de la protection sociale et les personnes âgées roumaines. 

Lors des recherches de ses parents biologiques roumains, l'adopté d'origine roumaine aura affaire à ce service roumain. (cf. notre article sur les démarches).

Voici sa présentation lors du colloque :
"L’adoption aujourd’hui : regards croisés sur les pratiques françaises et roumaines" 
Celui-ci avait lieu le 5 mars 2015 à Brest à l'Institut pour le Travail Éducatif et Social (ITES) dans le cadre des forums de l'ITES.





La recherche des origines


Démarche difficile, la recherche des origines cherche à répondre à des questions dont les réponses s’inscrivent dans un besoin naturel, nécessaire et légitime de se construire afin de définir son identité. Ces démarches débutent à différents âges, mais plus généralement lorsque les personnes adoptées deviennent adultes ou parents, à leur tour.

Qui suis-je, en fait ? A qui je ressemble ?
D’où est-ce que je viens, de quel environnement et de quelle culture ?
Quelle a été la raison pour laquelle j’ai été donné à l'adoption ?

Si répondre à ces questions relève d'une longue démarche pour tout un chacun, cela s'avère, pour les personnes adoptées, un parcours plus compliqué, surtout lorsque cette recherche se confronte à un conflit d’intérêts sur le plan légal. En effet, si les adoptés estiment avoir le droit de connaître leurs origines, de l'autre côté la famille biologique a aussi le droit au respect de leur vie privée, notamment concernant les femmes qui ont abandonné leur enfant. 
Cependant la France et la Roumanie ont signés la Convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale or, cette convention reconnait le besoin de connaitre ses antécédents familiaux dans ses directives de protection des enfants. En effet le second point de l'article 30 fait clairement mention du devoir des Etats signataires à assurer l'accès de l'enfant ou de son représentant aux informations sur ses origines, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père biologiques : 

Article 30  

1. Les autorités compétentes d'un Etat contractant veillent à conserver les informations qu'elles détiennent sur les origines de l'enfant, notamment celles relatives à l'identité de sa mère et de son père, ainsi que les données sur le passé médical de l'enfant et de sa famille. 

2. Elles assurent l'accès de l'enfant ou de son représentant à ces informations, avec les conseils appropriés, dans la mesure permise par la loi de leur Etat. 


De plus la Convention sur les droits de l’enfant et la Convention Européenne en matière d’adoption d’enfants (révisée), adoptée à Strasbourg en novembre 2008, soulignent le besoin de l’enfant de connaître ses antécédents familiaux.
Les autorités roumaines reconnaissent l’importance de connaître son passé et le droit de l’enfant à connaître ses origines. Ainsi, dans le respect de la Convention, la Roumanie soutient depuis 2007 les personnes adoptées à obtenir des informations sur les membres de leur famille biologique ou à les contacter. L’activité est encadrée par des professionnels dans le domaine de l’adoption, dans le cadre de l’autorité centrale d’adoption, en collaboration avec les autorités locales du pays entier. Les dispositifs actuels cherchent encore à pallier au conflit d'intérêt entre ce "droit à savoir" et ce "droit de confidentialité", mais ils tentent de toujours assurer un équilibre entre les besoins et les droits de chaque partie impliquée : 

"Le service qui fournit les informations concernant le passé personnel des personnes adoptées et d’identification des personnes impliquées dans l’adoption est en développement et ajustement continuel. La question est règlementée par la Loi n° 273/2004 portant sur la procédure de l’adoption, republiée et par les dispositions légales spéciales visant la confidentialité des données à caractère personnel et le respect du droit à la vie privée et de famille".

Depuis 4 ans les demandes de recherche des origines des personnes adoptées ont augmentées. Au cours de la période 2009-2014, les demandes d'information suivaient généralement cet ordre :


    1. Contacter la mère biologique ;
    2. Contacter les parents biologiques;
    3. Contacter la famille biologique;
    4. Contacter les frères biologiques ;
    5. Contacter l’assistant maternel professionnel;
    6. Contacter les frères biologiques adoptés ;
    7. Contacter le père biologique;
    8. Visite au centre, à la maternité
    9. Infos généraux sur le dossier d’adoption (y inclus médicaux);
    10. Identité des parents biologiques;



                      Pourcentage des demandes faites par les adoptés selon l’objectif de leur démarche



                      Dans l'autre sens, les familles biologiques font aussi des demandes afin d'avoir des informations sur les enfants qui ont été adoptés. Ces requêtes consistent généralement à demander si l'adoption a été nationale ou internationale. Les autorités roumaines constatent à travers les demandes des différentes parties que la personne adoptée veut retrouver sa mère biologique alors que les demandes qui émanent des familles biologiques proviennent plus généralement des autres membres de la famille (oncle, tante, frère…) comme l'indique ce second graphique réalisé d'après le document donné par Mme CURELARU :



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur


                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption a analysé toutes les demandes reçues, et il en résulte que : 

                      • Le segment représentatif des demandes comprend les personnes adoptées à l’étranger âgées 18 - 28 ans, surtout des personnes nées entre les années 1991 - 2001, dates qui correspondent au augmentations significatives des adoptions internationales.
                      • La plupart des demandes a été adressée directement à l’Agence Nationale de Protection des Droits de l'Enfant et l'Adoption (A.N.P.D.E.A.) par les personnes adoptées à l’étranger ou par un intermédiaire. Cet intermédiaire peut être : des autorités centrales en matière d’adoption internationale de l’Etat d’accueil, des ambassades, des fondations avec attributions dans le domaine de la protection de l’enfant ou de l’adoption, un avocat, la Direction Générale d’Assistance Sociale et Protection de l’Enfant (D.G.A.S.P.C.). (Cf. notre article sur la recherche des origines III)

                      Mme CURELARU cite l'exemple d'une demande en partageant une lettre envoyée par une jeune fille adoptée en 1991 par une famille française. Marie, née en novembre, 1990 est entrée en contact avec le service à l’âge de 21 ans, quand elle est elle-même devenue mère.



                      Margareta,
                      L’histoire qui nous lie date de 20 ans. C’est après ces nombreuses années que j’essaie de te retrouver. Cette durée a permis que j’ai suffisamment de force pour venir vers toi, peut être connaitre un refus de ta part, ou bien peut être de connaitre des histoires douloureuses. Je pense que pendant toutes ces années, beaucoup de choses se sont passées dans ta vie et que je viens peut être réveiller des souvenirs compliqués. Pour cela, je suis désolée. Néanmoins, j’ai souhaité de puis longtemps revenir vers toi. Avant tout, tu dois savoir que je ne te juge pas pour ce que tu as dû faire. Aujourd’hui ma vie est belle parce que tu m’as donné la chance d’être adoptée et j’ai une famille très bien. On ne m’a jamais caché mon histoire. Maintenant je suis maman, j’aime beaucoup mon fils et j’aime beaucoup les enfants. Je travaille pour une institution pour des enfants en difficulté.
                      J’aimerais beaucoup en savoir un peu de plus. Principalement sur toi : Quel visage as-tu ? Est-ce que tu as fondé ta famille ?
                      Je n’ai pas de frère ou de soeur. Peut-être j’ai des demi-frères ou demi-soeur en Roumanie ? Ensuite, je me pose la question de « pourquoi » ? Pourquoi est-ce que tu as dû me confier à la crèche ? Mais cette question te rappelle surement des choses très compliquées. Un jour peut-être tu accepteras de m’en parler.
                      Tu peux me répondre en écrivant si tu le souhaites. Même si tu ne réponds pas a toutes mes questions. En espérant que la lecture de cette lettre n’était pas trop difficile, j’attends avec impatience ta réponse. Ci-joint tu trouves quelques photos de moi.
                      Marie

                      Apres l’avoir informée sur le désir de sa fille biologique de la contacter et après avoir reçu la lettre de Marie, sa mère biologique a été très émue et elle a consenti à porter une correspondance, puis à rencontrer sa fille. Voici sa réponse :

                      Chère Marie,

                      Je suis très heureuse d’avoir reçu ta lettre.
                      J’ai toujours pensé à toi et le fait que j’ai reçu des nouvelles de toi m’a fait pleurer de joie.
                      Marie, tu es grandie et tu es très belle grâce à tes parents qui t’ont élevé et éduqué avec dévouement.
                      Je te prie de me pardonner si tu peux ; ma situation matérielle est si précaire que tu n’aurais jamais bénéficié d’une si bonne éducation que tu as eu grâce à tes parents adoptifs. A présent, je suis mariée et mon marie connait l’histoire de ton adoption.
                      Je serais très heureuse de te rencontrer, ainsi que tes demi-frères Tibi et Zollti et ta demi-soeur Elisabeta.
                      Je remercie beaucoup tes parents adoptifs pour tout ce qu’ils ont fait pour toi ; que Dieu leur donne santé et joie.
                      Chère Marie, tu ressembles plus à ton père et à ta soeur.
                      Nous sommes heureux de savoir que tu aimes les bébés et les enfants et par cela tu nous as donné une leçon de vie.
                      Voici des photos de nous. Nous te souhaitons santé, joie et que tu sois très heureuse.

                      Affectueusement,

                      Ta mère


                      Sur 424 demandes formulées par les personnes adoptées à l’international, environ 59% des personnes adoptées à l’étranger ayant formulé de demandes ont été adoptées en France, aux Etats-Unis, à Malte et en l’Allemagne. 



                      Pourcentage des cas selon la catégorie de demandeur



                      103 demandes viennent de France ce qui représente 21% des demandes. Les autorités répondent aux demandent formulées par les enfants adoptés lorsqu’ils sont majeurs. Cependant, des exceptions sont prévues dans la procédure pour les demandes émanant d’une requête médicale.




                      Laura



                      Sources :

                      Document donné par Mme Nicoleta CURELARU et mis en ligne sur le site de ITES "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :
                      http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      L’Autorité Nationale pour la Protection des Droits de l’Enfant et l’Adoption (ANPDEA) correspond en roumain à Autoritatea Națională pentru Protecția Drepturilor Copilului și Adopție (ANPCA). Page correspondante en roumain ou anglais : http://www.copii.ro/activitate/adoptie/adoptie-internationala/

                      Compte rendu du colloque mis en ligne sur le site de Enfance et Famille d'adoption Finistère : http://efa29.jimdo.com/statistiques-et-rapports/

                      Texte de la Convention de la Haye disponible sur le site officiel.

                      Page du site du l'ONG internationale de parrainage d'enfants Humanium consacré à la Convention Internationale des Droits de l'Enfanthttp://www.humanium.org/fr/convention/

                      Convention européenne en matière d'adoption des enfants (révisée) :
                      http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/202.htm

                      La jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (C.E.D.H.) représente une aide importante pour les praticiens dans l’approche des demandes de connaissance des origines. Mme Nicoleta Curelaru donne l'exemple de l’affaire GODELLI c. Italie de septembre 2012 qui a permis de préciser la notion d'identité et de vie privée :

                      "La demandeuse, née en l’an 1943, a été abandonnée lors de sa naissance par sa mère naturelle. Ultérieurement elle a été institutionnalisée et adoptée par une famille de citoyens italiens en l’an 1949. A l’âge de 10 ans, après avoir découvert qu’elle avait été adoptée, elle a demandé à ses parents adoptifs des renseignements sur sa famille naturelle, mais elle n’a reçu aucune réponse. La demandeuse soupçonnait qu’une jeune fille de son village, née le même jour, aussi adoptée, était sa soeur jumelle. Les parents adoptifs des deux jeunes filles leur ont interdit toute interaction.En l’an 2006, elle a demandé des renseignements à cet égard, en s’adressant aux autorités italiennes. On lui a mis à disposition le certificat de naissance mais il n’indiquait pas le nom de sa mère biologique, parce qu’elle n’avait pas consenti à dévoiler son identité. La même année, la cour italienne compétente a rejeté la demande de madame Godelli d’avoir accès à ses origines, en argumentant qu’au moment de sa naissance, la mère biologique n’avait pas été d’accord pour dévoiler son identité.
                      Dans cette affaire, la C.E.D.H. a estimé que s’est produit une transgression de l’article 8 de la Convention. Ainsi, le droit de connaître sa propre identité biologique a été clarifiée comme une composante de la notion de la vie privée."

                      Pour plus d'informations sur l'Affaire GODELLI c. Italie, voici le lien sur le site HUDOC de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : http://hudoc.echr.coe.int/sites/fra/pages/search.aspx?i=001-113332#{"itemid":["001-113332"]}



                      Iconographie :

                      Auteur [inconnu] : http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      Graphiques réalisés à partir de "Aspects juridiques et pratiques visant la recherche des origines en Roumanie, Brest 2015" :  http://www.ites-formation.com/conferences/291-ladoption-aujourdhui

                      jeudi 16 avril 2015

                      Spartacus et Cassandra, le film







                      "A 1 an, je marchais; à 2 ans je mangeais de la terre; à 3 ans mon père était en prison; puis j'ai fait la manche avec ma mère"
                      C'est par ces mots égrenés en voix off par Spartacus, 13 ans, que commence ce remarquable film documentaire aussi dur que lumineux.

                      Le réalisateur Ioanis Nuget a suivi pendant plus d'un an 2 enfants Rroms, frère et sœur accueillis dans un premier temps avec leurs parents, près de Paris dans le petit cirque de Camille, une jeune trapéziste.
                      Pour les enfants, Camille devient vite plus qu'une grande sœur. Mais le père souffre d'une addiction à l'alcool et la mère d'un trouble mental, les enfants vont être confrontés à un impossible choix : soit rester avec leurs parents dont le projet est de partir faire la manche en Espagne où être placés en France en famille d'accueil.


                       
                      La caméra de Ioanis Nuget capte sans complaisance ni angélisme des fragments d'une histoire touchante filmée à hauteur des enfants, avec leur regard et leurs mots. Ce qui relève de la tragédie devient un conte poétique, parfois burlesque, et où douceur et peurs se côtoient.

                      Grâce à Camille, leur nature d'enfant reprend parfois ses droits et on les voit aussi rire, se taquiner, danser et leur joie devient la nôtre.



                      Avec eux et toute la vitalité de leur jeune âge nous sommes bringuebalés dans un mouvement improbable où notre monde adulte semble un cirque et où ce sont les enfants qui nous donnent des leçons.

                      Spartacus et Cassandra crèvent l'écran. On ressort de ce film à la fois secoués et émerveillés.


                      Ce film documentaire a forcément trouvé en nous, adoptés de Roumanie souvent issus de familles Rroms, un écho particulier.

                      La caméra de Ioanis Nuget nous emmène là où jamais l'on ne va : dans l'intimité d'une famille abîmée par la misère, et qui pourrait être la nôtre.

                      Ce qui nous a le plus ému et qui semble avoir échappé aux autres spectateurs, c'est la souffrance sourde des parents de Spartacus et Cassandra et surtout celle de la mère. Leur souffrance face à leur impuissance à offrir à leurs enfants une vie meilleure que celle qu'ils ont toujours connu et qu'ont toujours connu les générations qui les ont précédés, leur souffrance devant l'amputation que représente la séparation d'avec ses enfants. Leur père pourrait facilement sembler méprisable si on oubliait qu'avant d'être un adulte il a, lui aussi, été un enfant vers qui aucune "Camille" n'a tendu la main et à présent tout semble trop tard pour lui.

                      Nous tenons à saluer le courage exemplaire de Camille Brisson la jeune trapéziste qui aurait eu, bien plus que d'autres, de bons alibis pour laisser ces gamins à leur triste sort et qui pourtant n'a pas hésité à se battre pour les aider, pour leur donner confiance en eux et en la vie, et leur montrer que quelqu'un sur cette terre croyait en eux, en leur potentiel pour rompre la spirale infernale de la misère, de la violence, de la folie et du rejet.
                      A seulement 21 ans, cette frêle jeune fille à réussi offrir à ces enfants un environnement plus sécurisant et les outils pour leur donner une chance de casser la chaîne de ce qui n'est pas une fatalité : l'ignorance et la misère avec toutes les laideurs qu'elles génèrent.


                      Nous avons également été rassurés de constater, et c'est assez rare pour être souligné, que dans nos services sociaux et judiciaires il existe des hommes et femmes plein de bon sens qui ont su entendre et comprendre ces gamins ; qui on su trouver des solutions pour leur permettre, comme ils le souhaitaient, de rester auprès de Camille tout en conservant un lien avec leurs parents biologiques ;

                      Voilà qui nous semble illustrer la définition de "l'intérêt supérieur des enfants"

                      Un film à voir, absolument !


                      N.D pour les adoptés de Roumanie.


                      Bande annonce





                      jeudi 26 juin 2014

                      FLORIN NICA : "Quand les étrangers venaient, on nous alignait tous devant eux, on leur disait "choisissez" et ils en prenaient un."



                      extrait d''un tableau 21013 de Florin Nica

                      Florin interviewé par 2 journalistes  


                      le 17 juin 2014 dans la grande Bibliothèque de la ville de Targoviste se tenait l'inauguration de l'exposition de tableaux de  Florin Nica.  Le potentiel de ce jeune  artiste, en complet décalage avec son vécu "d'orphelin"  a attiré un public nombreux et différents médias. Doîna Banescu, professeur de philosophie à déclaré : "Il est des êtres comme Florin Nica qui ont quelque chose de plus que nous, une grâce qui vient de l'âme"  
                      Doîna Banescu, David Anca, Florin Nica, Mihai Serbanescu et le directeur de la Bibliothèque Targoviste


                       Florin est né en Septembre 1983 dans une famille Rom abîmée par une vie de misère. Il avait 2 ans quand son père a été envoyé en prison pour de longues années. La mère trop fragile, le confie alors a l'orphelinat. 

                      Il a grandi  à l'orphelinat jusqu'à sa majorité et m'a confié quelques souvenirs :

                      "En 1991 des couples d'étrangers ont commencé à venir  à l'orphelinat. J'avais 8 ans. Les nourrices nous alignaient tous côte à côte  puis elles disaient  aux étrangers "Choisissez"  et ils en prenaient un.  Je rêvais qu'on me prenne mais je n'ai jamais été choisi."

                      "Un   couple Roumain  avait eu la gentillesse  de m'emmener  quelques jours  chez lui pour que je puisse   fêter Noël dans une famille. Cela a été pour moi une expérience merveilleuse et je remercie ces gens de m'avoir fait connaitre ça.  Ils avaient déjà un enfant et  je me doutais bien qu'ils ne pourraient pas m'adopter. Je les ai revus 2 ou 3 fois de façon espacée. Quand j'ai appris que leur fils n'était  pas un enfant biologique, ça m'a fait mal. Pourquoi c'était toujours les autres qu'on adoptait et pas moi? "



                      Les "orphelins" étaient scolarisés avec les autres enfants de la ville. La première fois que la mère de Florin est venu le voir, c'était à son école  car l'orphelinat se trouvait trop loin pour qu'elle puisse s'y rendre à pieds. 
                       "j'avais 6 ans. Elle était venue avec son compagnon  et leur fille, ma demi-sœur. En voyant que  ma famille était Tzigane,  tous les enfants de l'école se sont mis à m'insulter et à se moquer de moi. Cela m'a fait beaucoup de peine."   


                      "A 8 ans on m'a fait quitter cette  école pour m'envoyer dans  une autre, spécialisée pour  enfants "attardés", généralement  issus d'un milieu social très défavorisés"  


                      Sa mère est revenue le voir 9 ans plus tard : "j'avais 15 ans. Je l'ai reconnue immédiatement.    Je lui ai reproché de ne pas être venu me voir plus tôt. Ses excuses ne me semblaient pas valables. J'étais  trop jeune et en  colère  pour mesurer combien cette femme était mentalement fragile et aussi détruite par l'alcool. Mon père venait de mourir en prison,  mais elle ne m'a rien dit. Je ne l'ai appris qu'à l'âge 21 ans.    " 


                      Florin présentait  des prédispositions pour le dessin  et l'orphelinat  a  fait en sorte  qu'il puisse suivre quelques  cours dans une école d'art de la ville. "Le professeur   Mihai Serbanescu à été pour moi, plus qu'un maître, il était comme un père et d'ailleurs parfois le mot m'échappe, je l'appelle "papa". 
                      Florin Nica et Mihai Serbanescu exposition du 17/06/14
                      A 18 ans c'est dur de quitter l'orphelinat et de se retrouver seul livré à sois-même.   Mihai Serbanescu, ce grand professeur dont les tableaux ont été exposés dans de nombreux pays a bien voulu continuer  à  me guider pour mes dessins."






                      Victor Nica et Nadine Delpech  chez Ulysse Anca O6/14
                      J'ai connu Florin en 2011. Il logeait dans les bâtiments de l'ancien pensionnat du Lycée de la ville.   Le directeur de l'établissement  avait permis  à 5 ou 6  jeunes adultes issus des orphelinats de loger en toute discrétion et gratuitement dans ces locaux inoccupés. Quelques arbustes les séparaient des élèves et professeurs qui ne regardent jamais de ce côté là du terrain. 2 univers si proches et qui s'ignorent.  Florin  avec  son petit Victor âgé alors de 3 ans occupait  2  chambres de 8 ou 9 mètres carré. Ils cuisinaient dehors sur un brasero installé dans le jardin devant la porte. Depuis an, la maman de Victor était partie "tenter sa chance" en Allemagne, les abandonnant tous deux sans plus donner de nouvelles...



                      Florin,  vivait misérablement mais pour rien au monde il ne se serait séparé de son fils.  Il n'avait pas trouvé d'autre travail que la récupération de bouteilles en plastique   qu'il revendait ensuite au poids à une usine. Habile dessinateur, l'été il améliorait beaucoup son ordinaire en vendant des portraits aux touristes de passage. A Noêl 2011, avec la vente  de ses tableaux, il avait offert un goûter et une petite fête aux enfants pauvres de son quartier. 
                      Ce qui est frappant c'est la façon remarquable dont ce jeune papa, de santé fragile,  se dévoue pour son petit Victor. Partout où il va, il l'emmène sur ses épaules, se privant parfois de manger  pour que Victor  ne souffre pas de leur condition et puisse avoir des petits jouets et des vêtements toujours corrects. Victor est heureux avec son papa. 
                      Sa région ne dispose pas d'association d'aide d'urgence or l'hiver dernier fût particulièrement  difficile pour Florin qui n'a pas pu vendre assez de tableaux. Victor venait d'entrer à l'école maternelle  ce qui lui assurait au moins quotidiennement un bon repas   et un goûter. 
                      Victor Emmanuel Nica 17/06/14
                      Et puis il y a eu  ce jour de trop où   le petit Victor est sorti de l'école en retirant discrètement  de sa poche quelque-chose qu'il a tendu à son père, lui disant  : "Tiens papa, j'ai fait semblant de manger mon goûter et je l'ai caché dans ma poche. C'est pour toi!  Moi à midi j'ai bien mangé, toi cela fait plusieurs jours que tu n'as plus rien à manger "  Ce geste a bouleversé Florin, l'amenant  à faire fi de son amour-propre pour en appeler à l'aide  d'un journaliste qui avait déjà publié  un article  sur son talent  d'artiste.  
                       Dans le journal le journaliste rapporte les propos de Florin : "Je suis un artiste qui  n'arrive ni à vivre de son travail ni à trouver un autre emploi. Est-ce à un petit garçon de 5 ans de nourrir son père ? On vit dans un monde à l'envers.  Est-ce normal que malgré tous ses efforts  un père ne puisse garantir un bon  avenir à mon enfant?  Je ne veux pas qu'on me fasse l’aumône , je demande juste à trouver un travail.

                      Ce n'est pas un employeur que Florin a trouvé, mais des encouragements venus de toutes parts à commencer par ceux de  son  Maître Mihai Serbanescu. 
                       Une famille de 12 enfants, disposant  d'une grande et confortable maison, a spontanément proposé  à Florin et Victor de venir partager leur foyer pendant quelques mois. Ulysse Anca et son épouse  m'ont reçue chez eux et j'ai été impressionnée par tout ce que ce couple et leurs beaux enfants bien élevés dégagent  de positif. Cette famille  exceptionnelle  est d'origine Rom. 
                      Victor avec Ulysse Anca   

                      5 mois plus tard, le 17 juin 2014, jour de l'anniversaire de Victor, Florin inaugurait son exposition à la bibliothèque de Targoviste. 



                      Victor souffle ses 6 bougies le jour choisi par son père pour le   vernissage 









                      Voir Reportage TV : http://www.columnatv.ro/tv/speranta-unui-artist/









                      Un tableau réalisé par Victor. les 3 personnages représentent : en premier plan son papa, puis lui-même et derrière, le petit garçon que sa maman a eu il y a 2 ans avec avec son nouveau compagnon.

                      Florin Nica, Danvid Anca, Nadine Delpech
                      Victor Emmanuel Nica






                      Texte  Nadine Delpech pour les adoptés de Roumanie.




                      lundi 2 juin 2014

                      L’affaire des « bébés roumains »



                      Image extrait de Bucarest 1986-1988, poétique d’une histoire.





                      "L'affaire des bébés roumains" est nommée ainsi par la presse française au début des années quatre-vingt (notamment on retrouve ce titre dans le Quotidien de Paris, du 3 Juin 1983) et rend compte de la situation de blocage des adoptions d'enfants roumains en Roumanie par des adoptants internationaux au cours des années quatre-vingt jusqu'au début des années quatre-vingt dix

                      Cet article a été transféré sur le nouveau blog de l'Association Française Orphelins de Roumanie (A.F.O.R.).


                      Pour lire la suite de l'article :


                      http://orphelinsderoumanie.org/affaire-des-bebes-roumains/



                      vendredi 30 mai 2014

                      Documentaire : Naomi kawase, réalisatrice








                      Dans ses bras
                      (Ni Tsutsumarete), 1992, 40"

                      &

                      Le ciel, le Vent, le Feu, l'Eau et la Terre
                      (Kya Ka Ra Ba A), 2001, 55"

                      &

                      Escargot
                      (Katotsumori), 1994, 40''

                      Naomi Kawase



                      Naomi Kawase (30 mai 1969) est Diplômée de l’Ecole de photographie d'Osaka, elle y enseigne pendant quatre ans avant de se lancer dans la réalisation de courts-métrages en 8mm et 16mm à la fin des années 80. Elle réalise son premier long métrage,Suzaku, situé dans sa province natale de Nara, avec lequel elle remporte la Caméra d'or au Festival de Cannes 1997. La Forêt de Mogari, son quatrième long-métrage de fiction, reçoit le Grand Prix du jury lors de la 60e édition du festival (2007). Elle est membre du Jury du Festival de Cannes 2013. Elle présente en compétition, en 2014 au 64ème festival de Cannes, son dernier long métrage "Deux fenêtres".

                      Message de la réalisatrice à la cinémathèque française pour sa rétrospective (17 octobre - 12 novembre 2012) : 


                      Message de Naomi Kawase à la Cinémathèque... par lacinematheque





                      Dans ses bras




                      Dans ses bras, inaugure une série de courts métrages, documentaires expérimentaux autobiographiques. Naomi Kawase a été adoptée et élevée par sa grande-tante et son grand-oncle. Dans ces premiers travaux, elle "rassemble les morceaux d’une enfance brisée. Un faisceau d’émotions pour donner du sens à la quête du père. Naomi Kawase a 23 ans lorsqu’elle décide de partir à la recherche de son père, cet inconnu dont les seules traces qu’elle possède sont quelques photographies et son livret de famille.
                      Le divorce de ses parents a provoqué jadis le départ de [ce dernier], qui n’est jamais revenu. Sa mère s’occupe de sa carrière. Naomi grandit chez [sa grande-tante et son grand-oncle], mais garde néanmoins quelques impressions fugaces de la vie en famille et du bien-être éprouvé aux côtés de ses parents. Elle se sent coupée injustement de son identité." (1)



                      La réalisatrice explique : "Depuis un an, je cherchais mon père. J'ai voulu tout arrêter à mi-chemin, car j'avais peur.  Mon père allait probablement me dire : "Je ne te connais pas." Cela aurait été nier mon existence dans ce monde, ainsi que tous les efforts endurés dans ce travail de recherche pour se rapprocher de lui. Mon père, après notre séparation, a déménagé à dix endroits différents. Pendant vingt ans, j'ai vécu dans plusieurs maisons. J'étais attachée à chacune d’elles. Bien sûr, mon père avait disparu, mais ce que je voulais, c'était juste retrouver la trace de ce qu'il avait été et ses souvenirs. J'ai essayé de ressentir ce qu'il avait vécu. J’allais de ville en ville pour filmer le coucher du soleil, le balancement de l'arbre dans le vent, en écoutant les enfants jouer.

                      Filmer ces scènes était important pour moi. 
                      Probablement, les souvenirs de mon père ou de ma mère sont semblables à ce que j'ai capté. Je les ai recréés. Comme je le disais au début, j’avais pu expérimenter la beauté des rendus en filmant avec la caméra 8mm. Je suis juste allé à ces endroits et j'ai essayé de récupérer et de restaurer ce temps perdu qu’ils ont vécu. (Ce ne sont pas des lieux qui m'ont été indiqués par mes parents).

                      Pour moi, ces moments de partage avec mes parents n'ont jamais existé. Je ne pourrais pas les vivre avec eux, donc "je me régénère". " (2)

                      La réalisatrice retrouve la trace de son père biologique, et malgré les mises en garde de sa "grand-mère", elle se donne le courage d’appeler son père.


                      "Dans le final du film, [...] nous parlons mon père et moi par téléphone. Nos voix se sont trouvées.  A cet instant, mon père m'a appelé par mon prénom : Naomi.

                      Ce mot m’était suffisant. Pour moi, c'était comme si je pouvais admettre mon existence dans le monde et parmi mes pairs. Jusque-là, mon corps existe « ici », et je vis, et j'ai mes amis.

                      Mais ... il y avait quelque chose qui me donnait l'impression que mon corps n'existait pas ou  qu'il ne pouvait pas exister.

                      Entendre mon nom, « Naomi », m'a permis de remplir ce sentiment de vacuité. 

                      De cette manière, à travers la création de films, j’ai construit une digue pour continuer à vivre. Et pour le démontrer, le comportement des gens à mon égard a changé après avoir vu le film. Ils ont commencé à voir que j’existe dans ce monde, que « je suis » ... réellement." (2)

                      Pour Naomi Kawase les films et la vie sont toujours liés. Ils progressent comme deux roues l’une à coté de l’autre.




                      Le ciel, le Vent, le Feu, l'Eau et la Terre






                      Le titre "Kya Ka Ra Ba A" est un terme bouddhiste, kya - le ciel, ka - vent, ra - feu, ba - eau, et A - la terre, qui, signifie que le monde est composé de ces éléments.


                      Plus d'un an s'est écoulé depuis la mort du père biologique de Naomi Kawase. Huit ans après Dans ses bras on voit la réalisatrice porter un regard nouveau sur ce court métrage dans lequel elle tente de retrouver son père. Elle le visionne les images avec ses amis. 



                      Au cours de ce Le Ciel, le Vent, le Feu, l'Eau et la Terre, on suit la réalisatrice tout au long de cette nouvelle introspection, notamment lors d'un rendez-vous avec un tatoueur, qui se transforme en discussion sur la signification de sa démarche générale de deuil : comme un ultime défi, elle décide de se faire reproduire sur tout le dos le même tatouage que portait son père, besoin de conserver des traces de son passé douloureux. "Les tatouages sont gravés non seulement sur votre corps mais aussi dans votre âme. Beaucoup d’aiguilles", prévient le tatoueur.


                      Toute sa vie, Naomi gardera la marque de sa souffrance. Mais son attachement à la nature, au "coucher de soleil flou", aux gouttelettes d’eau et aux chants d’oiseaux résonne comme un espoir ...
                      Ce film agit comme un exutoire à un hors champ privé insoutenable." (3)






                      Escargot





                      On voit la réalisatrice dans une autre vidéo où la réalisatrice explique sa démarche, ses questionnements, son rapport au temps, sa valeur en tant qu'être humain et en tant que cinéaste (en anglais) :





                      Evénement TEDx-Tokyo (4)

                      Deux ans après Dans ses bras, Naomi Kawase réalise Escargot (Katatsumori). 
                      La réalisatrice explique : "Ce qui pouvait m’amener à habiter la réalité, n'était ni mon père, ni ma mère, mais ma "grand-mère", qui était avec moi toutes ces années. 
                      Bien que ce n'était pas ma vraie grand-mère, elle s'occupait de moi et elle m'a fait me sentir importante. 

                      J'ai pensé enregistrer notre vie quotidienne. Le film s'appelle "katatsumori. Il signifie «escargot». Il s'agit en fait d’un nom propre, parce qu’il existe un escargot qui s’appelle Katatsumuri.


                      Vous savez ce qu'est un escargot? 

                      L'escargot a une carapace. Si vous enlevez la carapace, il devient une simple limace ! [Amusée] 

                      Petite, je pensais que c’ était la vérité ! Je me sentais comme une limace. Ceux là semblaient avoir une carapace, comme une maison. Dans [Dans ses bras], j'aurais aimé vivre avec mon père. Enregistrer ma vie de tous les jours avec ma grand-mère était comme la création d'une carapace avec elle, devenant ainsi une sorte d’escargot.
                      C'est un jeu de mots, car «Tsumori» signifie « faux » ou « avoir l'intention de... », prétendre être un escargot. Donc au lieu de « Katatsumuri » cela est devenu « Katatsumori ». Il y a là de mauvaises plaisanteries au Japon, à propos des hommes d'âge moyen. Ils remplacent des lettres ou des mots phonétiquement similaires par d'autres, pour signifier différentes choses. Le titre de mon film est comme l'une de ces blagues." (2)






                      (1) Résumé en français sur le site Film-documentaires [en ligne] : http://www.film-documentaire.fr/Ni_Tsutsumarete.html,film,12285 

                      (2) Captation de l'intervention de Naomi Kawase lors de la master class pour le Festival de cinema "4+1", 26-30 octobre 2011 (Traduction Laura G.) [en ligne]: http://article.wn.com/view/2014/02/03/top_200_most_anticipated_films_for_2014_192_naomi_kawase_x20/

                      (3) fiche du film sur sur le site Film Documentaire [en ligne] : http://www.film-documentaire.fr/Kya_Ka_Ra_Ba_A.html,film,12287 

                      (4) Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des « idées qui valent la peine d'être diffusées » (en anglais : ideas worth spreading).


                      Site officiel de la réalisatrice : http://www.kawasenaomi.com/en/works/documentary_film/kya_ka_ra_ba_a/


                      iconographie : Première image, capture d'écran, In Dans ses bras de Naomi Kawase.
                      Deuxième image, capture d'écran, In Katsumori de Naomi Kawase projeté lors de la master class de Naomi Kawase lors du festival de cinéma "4+1" [en ligne] : http://article.wn.com/view/2014/02/03/top_200_most_anticipated_films_for_2014_192_naomi_kawase_x20/ 



                      vendredi 2 mai 2014

                      Documentaire : Des enfants sur ordonnance

                      Des Enfants sur ordonnance (Kinder des Dekrets)

                      de Florian Lepan et Razvan Georgescu
                      Coproduction : ZDF/ARTE
                      2004, 65'











                      Prix UCIN (Union des cinéastes roumains) du meilleur scénario, mars 2005

                      Meilleur documentaire, Festival International du Film Marea Negra, Mamaia (Roumanie), août 2005

                      Prix du public, Mention spéciale dans la catégorie Compétition Régionale, Festival International du Documentaire Zagreb Dox (Croatie), février 2005


                      « Du jour au lendemain la maternité devient une affaire d’Etat »


                      Ce documentaire, très riche, nous replace dans le contexte historique de la Roumanie des années 60-80. Nicolae Ceausescu prône en 1966 une vision de l’homme roumain fort, empreint d’idéologie communiste. L’objectif est d’augmenter le nombre de la population du pays. Il a adopté une politique nataliste par le décret 770, stipulant que toutes les roumaines en âge de procréer y étaient désormais obligées, et devaient au moins donner naissance à 4 enfants. L'avortement est interdit.



                      en français



                      in english



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                      http://www.dailymotion.com/video/xvyur5_roumanie-des-enfants-sur-ordonnance_news